Course Eiffage du Viaduc de Millau | ÉDITION 2022

Décidément, la Course Eiffage du Viaduc de Millau est une course que j’apprécie particulièrement ! Retrouve le récit de ma deuxième participation.

Sommaire

Voici quelques jours maintenant que j’ai dompté pour la deuxième fois le viaduc de Millau. Presque 24 km sous une chaleur écrasante. Le challenge n’était pas le chrono, mais bien de finir sur mes deux jambes sans faire de malaise ou me blesser. En effet, cette course était pour moi une course d’entraînement dans le cadre de ma préparation pour les 23 km du Marathon du Mont-Blanc. Voilà maintenant 7 semaines que je travaille aux côtés de Pierre d’Xperience Training, et je rentre dans la phase avec le plus gros volume d’entraînement. Pour ce faire, je vais enchaîner deux courses. Celle du viaduc avec ses 23,7 km et 450 m de dénivelé, dont je vais te faire le récit dans quelques instants, et la Femina Race le week-end prochain sur Annecy avec ses 16km et 900 m de dénivelé. Deux courses qui vont servir à évaluer mes progrès depuis le début du mois d’avril…

Car clairement, le dénivelé annoncé aux 23 km du Marathon du Mont-Blanc (combiné aux barrières horaires) me fait très peur. Mais ces quelques semaines d’entraînements et de coaching ont commencé à me rassurer. Et cela s’est vu sur la course du Viaduc de Millau ce dimanche.

Avant la course

Sitôt arrivée le samedi matin sur Millau, sitôt partie pour mon Run de déblocage. Sachant qu’il allait faire très chaud pour la course, j’ai préféré faire ce run à mon arrivée à Millau vers 10h, plutôt qu’à la fraiche à 7h avant de prendre la voiture. Principalement pour commencer à m’habituer un peu aux températures élevées.

Vingt minutes le long du Tarn à faire tourner les jambes et à me dire que je ne peux pas partir avec « uniquement » de l’eau pour la course. Car cela ne sera pas suffisant pour supporter la chaleur. Ma mission du jour sera d’acheter des électrolytes pour renforcer ma stratégie d’hydratation (enfin en voir une…). Chose que je fais pendant mon passage éclair sur le village départ en début d’après-midi.

Je passe le reste de l’après-midi au frais, à l’ombre des arbres de la Dourbie (une rivière non loin de Millau). Étirements, massages, eau froide et jambes en l’air… Le combo gagnant pour les jambes lourdes souffrant de la chaleur.

La course Eiffage du Viaduc de Millau 2022

Dans le SAS de départ

Me voici réveillée à 6h du matin en ce Dimanche 22 Mai 2022, prête à avaler mon petit-déjeuner. Pendant que je me réveille doucement, j’en profite pour compléter ma playlist. En effet, étant donné que je vais courir « seule » tout du long, je sais que le mental va être mis à rude épreuve. C’est pourquoi je ne me vois pas courir sans musique. J’en ai besoin pour m’évader, entrer dans ma bulle et oublier la « douleur » et la « fatigue ». Je me prépare tranquillement. Une coiffure de guerrière à base de tresse. Ma tenue déjà testée maintes fois : mon short deux-en-un brooks (idéal pour les cuisses qui se frottent), ma brassière Zsport et mes Adrénaline GTS 22 de toujours de chez Brooks.

Tenue & Équipement pour la Course Eiffage

Je glisse le cachet d’électrolytes dans un de mes bidons d’eau, je rajoute les gommes de magnésium dans ma ceinture, et prends mes deux pompotes à boire pour les mettre dans les poches de mon short. Me voici prête à rejoindre le départ de la course avec ma mère. Je ne suis ni stressée ni inquiète. Je me sais capable de finir cette course. Je l’ai déjà fait en 2016. Cependant, je me demande si je suis capable de me rapprocher du chrono de l’époque. À savoir 2h57. Je me dis que je verrais bien sur l’instant. Mes jambes ayant tendance à me faire quelques (bonnes) surprises ces derniers temps, je ne suis pas à l’abri de tenir l’allure de l’époque malgré mes 20 kilos en trop. Malgré tout, la chaleur annoncée continue de m’inquiéter.

Le SAS commence à se remplir. Ma mère me quitte pour rejoindre ses soeurs au premier virage de la course. Je commence à rentrer dans ma bulle, à visualiser le parcours. Cinq kilomètres « à plat » durant lesquels il ne faut pas s’enflammer, car ils doivent servir d’échauffements avant la montée vers le viaduc. Deux kilomètres et demie d’ascension. Puis le premier ravito qu’il ne faudra pas louper. Petit passage sur l’aire d’autoroute puis l’aller-retour de 5 km sur le viaduc, en espérant qu’il y ait un peu d’air là-haut, mais pas trop de vent pour être capable d’avancer. Objectif : être capable de courir sur l’aller qui est en faux plat montant (n’est-ce pas Foutrak 😉). Faire un beau sourire aux photographes juste avant de quitter le viaduc. Deuxième ravito tout aussi important que le premier. Dernier tape cul avant d’attaquer la descente à partir du 18 ème kilomètre. Ne pas se laisser embarquer dans la descente, surtout si la lucidité commence à manquer…

Bref, je me remémore tout le parcours afin d’être capable de gérer mon effort. 9h15, le départ est donné pour mon SAS.

Les premiers kilomètres

Je m’élance avec le reste des coureurs en essayant de ne pas me laisser emporter par le troupeau pour ne pas partir trop vite et respecter mes allures. C’est un échec, je ferais le premier kilomètre en 6min36. Dès le second kilomètre, je sens que l’euphorie de la course me quitte pour ne laisser qu’une sensation de jambes lourdes. Dès le début, je sens que les jambes ont du mal à répondre. Elles sont comme absentes. Je dois avouer que cela m’inquiète sur l’instant, et j’espère fortement que les cinq kilomètres « d’échauffement » avant de commencer la montée vers le viaduc me permettront de les réveiller.

Le deuxième kilomètre se termine difficilement. D’autant qu’une envie de faire pipi commence à pointer le bout de son nez. Mais je continue d’avancer en me concentrant sur ma musique. Ma vessie se fait de plus en plus pesante. Je finis par craquer au 4ème kilomètre quand j’aperçois d’autres filles se précipiter entre des voitures… Je fonce moi aussi, me rapproche du talus entre deux voitures, baisse mon short… et mets les fesses en plein sur des orties ! #boulet

Je repars aussitôt. L’avantage des démangeaisons au niveau des fesses, c’est qu’elles me font oublier que les jambes sont lourdes. Bizarrement cela fonctionne plutôt bien et j’arrive au pied du viaduc sans trop m’en rendre compte à peine 40 minutes après le départ.

À l’assaut du Viaduc de Millau

L’ascension commence. Je me mets d’office sur la droite afin de monter en marchant. De la marche rapide certes, mais de la marche. Donc sur la droite pour ne pas gêner les courageux qui continuent de courir. De mon côté, je commence déjà à sentir les effets de la chaleur et je préfère jouer la sécurité sur cette portion. Les mains sur les cuisses, je me concentre sur ma respiration et mon allure. Et je dois avouer que je suis très surprise. Je monte très facilement, et ce tout en gardant un rythme supérieur à 4,5 km/h. Soit l’allure que je dois conserver pour passer la première barrière horaire à Chamonix en Juin.

J’achève cette ascension en 28 minutes et 35 secondes, ce qui correspond pour moi à un RP sur la portion !! Je bénis l’arrivée du premier ravito. J’attrape deux bouteilles d’eau, me vide la première sur la tête et bois la seconde… J’en profite également pour boire ma première pompote. Nous faisons le tour de l’aire d’autoroute avant de nous trouver face à ce géant suspendu. La traversée du Viaduc de Millau commence. Les jambes commencent à mieux réagir qu’en début de course. Je me dis que je peux me rapprocher de mon chrono de 2016 si je ne flanche pas et que j’arrive à grignoter un peu de temps sur cet aller en faux-plat montant. En 2016, j’avais fais la traversée en marchant à cause du vent de face. J’alterne les phases de course et de marche.

Je n’arrive pas à courir comme je le voudrais. J’ai peur, j’ai soif. J’essaie de rester le plus proche possible des piles du viaduc pour profiter d’un peu d’ombre. Mais c’est anecdotique. J’ai du mal à respirer. Malgré tout cet aller me semble beaucoup moins long d’en 2016 où je n’en voyais pas la fin. Je vois le demi-tour, celui qui dit que j’ai fait le plus dur, et ça fait du bien Je me dis que je vais pouvoir relancer sur le retour du Viaduc… Sauf que je n’y arrive pas. Pas parce que les jambes ne répondent pas. Au contraire, elles se sont bien réveillées depuis le début de la course. Mais la chaleur me cloue sur place. Je commence à avoir des frissons, des vertiges, des étoiles devant les yeux… La déshydratation me guette. Alors je ralentis, je bois et je bénis les électrolytes dans mon bidon. Cependant, je me dis que je n’en aurais jamais assez pour finir la course.

On se rapproche de la fin du Viaduc et je ne vois toujours pas les photographes. Je commence à râler. Franchement, pas cool de vendre au moment de l’inscription une photo pour tous sur le Viaduc mais de ne pas attendre les derniers coureurs ! Je râle, je râle mais je continue d’avancer et surtout j’arrive à relancer ! Puis oh tiens, les voilà les photographes. Allez Margaux, accélère un peu pour avoir une belle foulée et fais un beau sourire !

La redescente vers Millau

J’arrive sur le deuxième ravitaillement, j’attrape de nouveau deux bouteilles d’eau mais également deux tucs pour faire le plein de sel. Une bouteille sur la tête. L’autre pour boire et je pars sur le dernier tape cul de la course. Cette petite montée de 500 mètres dont je me passerais bien… Oh tiens y’a de nouveau des photographes. Même pas je fais l’effort de courir… La chaleur me rattrape, et je sens que la descente vers Millau va être compliquée.

En effet, je passe de plus en plus en pilote automatique. J’avance sans regarder où je mets les pieds. J’essaie de me ressaisir car il est hors de question que je me fasse une cheville. Je préfère marcher et « perdre du temps » plutôt que de me blesser à ce stade de ma prépa pour Chamonix. C’est frustrant car je sens que les jambes ont envie de lâcher les chevaux. Mais la tête ne suit pas. Alors je mise sur la prudence. L’objectif chrono a disparu de ma tête depuis longtemps. Les kilomètres défilent et nous nous rapprochons de la ville. Je bénis les Millavois qui nous encouragent et surtout nous arrose d’eau. Cela me fait énormément de bien au moral, surtout que les coureurs tombent comme des mouches autour de moi. Malaises, vomissements, chutes… Je marche dès que les étoiles devant les yeux reviennent. Je cours dès que cela va mieux. Mais plus j’avance, plus je sais que je vais être capable de finir. Et dans les temps annoncés à ma Mère : « entre 3h15 et 3h45 en fonction de ma forme »…

Je commence à reconnaître les rues et le quartier du parc de la Victoire, synonyme d’arrivée. J’accélère, un dernier virage et là je vois la porte d’entrée du Parc de la Victoire, et derrière elle, l’arche d’arrivée. Je sais que ma mère et mes tantes m’attendent. D’autant que je leur avais envoyé un petit texto dès que le km22 pour les prévenir de mon arrivée. J’entre dans le parc… et je tape mon sprint final. Je n’entends rien, je ne vois pas grand chose hormis l’arrivée… À tel point que l’une des premières choses que je dis à ma tante qui me filmait sur la ligne d’arrivée, c’est « elle est où ma mère ? »…

Je franchis finalement la ligne d’arrivée en 3h38, sur mes deux jambes, le visage un peu blanc mais le sourire présent… Et surtout rassurée sur mes progrès ! Parce que oui, je l’ai fait malgré la chaleur, malgré mes 20 kilos en trop. Cette course m’aura également permis de mettre le doigt sur des axes d’amélioration, comme améliorer ma stratégie d’hydratation et mon acclimatation à la chaleur. Rendez-vous à Annecy maintenant !

C'était mon récit de la course Eiffage du Viaduc de Millau 2022... Tentée ?

 

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