Triathlon de Genève 2022

En Juillet 2022, j’ai participé pour la deuxième fois le Triathlon de Genève. Et plus exactement au format S. Au programme : 500 mètres de nage dans le Lac Léman, 20 km de vélo puis 5 km de course à pied. Et ce, la veille de mes 30 ans !

Sommaire

L’année dernière, j’avais découvert l’ambiance du triathlon à Genève en participant à mon premier format Sprint (500 m de Nage, 20 km de vélo et 5 km de course à pied). J’avais tellement adoré que me revoici cette année encore sur le même format Et ce, même si j’avais fini dernière. Cette année, j’ai voulu retenter le S pour différentes raisons. Tout d’abord, j’étais censée être en récupération des 23 km du Marathon du Mont Blanc. Sauf que l’histoire tu la connais, je n’ai finalement couru que 12 km. Ainsi, je suis arrivée particulièrement en forme sur ce triathlon. D’autre part, je voulais évaluer les progrès faits en un an. Et quoi de mieux que de choisir le même format et la même course, pour le faire. Sans compter que le triathlon de Genève avait lieu la veille de mes 30 ans. Une belle façon pour moi que de marquer ce changement de décennie.

Ainsi me revoici prête à prendre le départ de ce fameux Triathlon de Genève, format short pour en découdre une nouvelle fois. A posteriori, je me dis que j’ai vraiment bien fait de repartir sur ce même format. C’est vraiment ce qu’il me fallait pour retrouver confiance en moi après la déconvenue de Chamonix. Je m’attaquais à une distance que je connaissais et surtout que je savais être en capacité de finir, à moins d’un problème mécanique sur la partie vélo. J’avais une blessure d’égo à faire cicatriser.

Triathlon de Genève 2022 : le récit de ma course

La nage en eau libre

Lors du retrait des dossards, j’apprends que je suis dans la deuxième vague de départ (sur 4), ce qui m’étonne énormément. L’année dernière, j’étais dans la dernière vague et cela m’allait parfaitement. Car cela me permettait de laisser les bons nageurs partir devant moi et ne pas être gênée par leurs mouvements de bras et leurs battements de jambes. Sans compter que j’espérais vraiment être à nouveau dans la dernière vague pour avoir un départ à 18h45 plutôt que 18h afin d’éviter au maximum la chaleur.

Ce n’est plus le moment de réfléchir, je rentre dans mon SAS à 18h pour un départ à 18h15. Je me place d’office au fond de ma vague. Mon petit défi personnel sera d’être sortie de l’eau avant que le départ de la vague suivante soit donné. Cette année, j’ai fait le choix de ne pas mettre ma combinaison et de nager uniquement en trifonction. Voir que beaucoup d’autres concurrents ont fait le même choix me rassure. Le speaker rappelle une dernière fois que le triathlon n’est pas un sport de contact, sous-entendu qu’il faut essayer de faire attention aux autres participants dans l’eau et ne pas trop se donner de coups… Puis lance le départ.

J’essaie de me mettre au maximum sur le côté pour éviter que d’autres nageurs se rabattent sur moi en essayant d’atteindre la première bouée. Le lac est un peu plus agité que ce à quoi j’ai l’habitude. Je cale ma respiration en 2 temps pour arriver à respirer malgré les vagues. La première bouée passe rapidement, je n’arrive pas à voir les indications de ma montre quant à ma vitesse ou la distance parcourue. Ce sera la surprise au moment de sortir de l’eau.

À ma grande surprise, j’arrive à doubler d’autres nageurs. Je me sens bien. Comme à mon habitude, je nage seulement avec les bras pour m’économiser. Mais j’ai l’impression de glisser dans l’eau. Je suis avec un petit groupe de nageurs. Nous avons le même rythme, mais chacun sa trajectoire. Ainsi nous ne nous gênons pas. La deuxième bouée arrive rapidement.

À partir de ce moment, j’ai un nageur qui commence à me gêner. J’essaie de le doubler, mais dès que je me décale à droite, il se décale également à droite. Idem quand je pars sur la gauche… Si bien que je finis par lui passer par dessus… Le genre de trucs que je m’étais promise de ne pas faire tellement j’avais peur qu’on me le fasse également. Mais impossible de le doubler autrement. Sans compter que je vois la dernière bouée et juste derrière la sortie de l’eau. C’était le moment de tenter une accélération, d’autant que j’avais les bras pour.

Finalement, je boucle ma natation en 14 minutes et 38 secondes, soit quasiment 2 minutes de mieux que l’année dernière !

Le vélo

Je file en courant vers la zone de transition pour récupérer mon vélo. Une transition également plus courte que l’année dernière étant donné que je n’ai pas la combinaison à enlever. Je récupère mon casque, mes lunettes le porte dossard et en avant Simone ! C’est parti pour 20 km. 2 boucles de 10 km que je connais bien, avec cette fameuse Rampe de Vésenaz : 1,15 km avec un « faux plat » de 3,7% qui m’avait bien cassé les jambes l’année dernière.

Je me sens bien, j’ai les jambes. J’ai clairement envie de tout donner sur le vélo. Sauf que je sens que je n’arrive pas à envoyer comme je le voudrais. J’ai un petit soucis de vitesse. J’ai comme l’impression qu’elles « sautent » , ce qui me coupe régulièrement dans mon élan. J’entends que l’on m’encourage mais je n’arrive pas à reconnaître de qui il s’agit. Je passe le premier virage pour me lancer sur la première grande ligne droite. J’ai les jambes mais je n’arrive pas à donner tout ce que j’ai à cause de mes vitesses qui sautent.

Arrive très rapidement cette première Rampe de Vésenaz, je redescends sur le petit plateau. Mais je ne veux pas trop descendre les vitesses afin de garder de la puissance sous la pédale. Et effectivement, j’arrive à décrocher un PR sur ce segment si je compare à l’année dernière. Mais de seulement 10 secondes… Un petit virage bien serré puis c’et parti pour la descente. Qu’est-ce que je l’aime celle-là ! Elle passe toute seule. De même que la seconde moitié de ce premier tour. Premier tour que je termine en 25 minutes et 23 secondes. Si j’arrive à maintenir le même rythme sur le second tour, je terminerais en moins de 51 minutes. Soit un peu plus d’une minute en dessous de mon temps de l’année dernière.

Sauf que mes petits soucis de vitesse commencent à avoir un effet négatif sur mes jambes. À force d’être cassée dans mon élan et de devoir relancer régulièrement, je commence à fatiguer. Les cuisses se font lourdes. Je fais très attention à m’hydrater correctement. Même si l’eau de mes bidons est chaude. En effet, en ayant posé mon vélo dans le parc à vélo avec mes bidons d’eau sur le cadre à 17h, ceux-ci ont bien eu le temps de prendre le soleil et de chauffer avant le départ à 18h15… Note à moi-même : pour le prochain tri, penser à cacher mes bidons sous une serviette pour les protéger du soleil. Tanpis je perds 5 secondes sur ma transition pour les remettre sur mon cadre avant de partir. Au moins je n’aurais pas de l’eau chaude sur ma partie vélo. Parce que là, il ne me manquait que le sachet de thé tellement c’était chaud.

Malgré tout, je me force à boire car je sais que la déshydratation me guette avec cette chaleur et que cela ne pardonnera pas sur la course à pied. C’est reparti pour le second tour. J’essaie de garder une allure correcte au dessus des 25 km/h, mais j’ai de plus en plus de mal. La deuxième montée de la Rampe de Vésenaz finit de m’achever. Je sens que je n’ai littéralement plus de jus dans les jambes. Je serre les dents car je sais qu’ensuite c’est la descente qui m’attend. Et avec elle, la dernière ligne droite. Ce sera le moment de récupérer avant d’attaquer la course à pied.

J’arrive au parc à vélo en 54 minutes et 36 secondes. Soit deux minutes de plus que l’année dernière. Je dois avouer que je suis assez mécontente et que si je veux tenir mon objectif d’une heure quarante-cinq de course, il va falloir tout donner sur la course. J’enlève mes chaussures de vélo pour enfiler mes tempos, je m’arrose les jambes avec la bouteille d’eau que j’avais préparé exprès. J’enfile ma casquette et prends ma flasque d’eau…

La course à pied

Et j’attaque la course à pied fort, trop fort… Je me rends compte que je suis à 5’ au kil après 500 mètres. Alors meuf, tu as encore 4,5 km à faire, ce n’est pas le moment de lâcher les chevaux. L’objectif est d’arriver à courir sans trop m’arrêter pour marcher. Le sub 1h45 va être compliqué à aller chercher. Pour cela il faudrait que je tienne le10km/h de moyenne, et j’en suis loin. En revanche, le sub 2h est totalement à ma portée. À moi d’être fine et de ne pas trop m’emballer en début de course…

Si j’arrive à tenir ma « stratégie » sur ce premier kilomètre, les choses commencent un peu à sa gâter ensuite. La chaleur est vraiment écrasante. Et je sens que les jambes tirent pas mal après le vélo. Mon allure est totalement en dent de scie. Il m’est difficile de courir plus de 200 mètres d’affilés. Alors je compte. Je cours jusqu’à 100 et je marche pendant 20. Et on recommence. C’est là que je me dis que j’ai encore pas mal de travail à faire sur les enchaînements pour être vraiment capable de courir après avoir faire du vélo. Et surtout que je dois reprendre l’habitude de courir seule et sans musique. Car à l’entraînement soit j’ai le casque sur les oreilles soit j’ai des copines avec qui discuter. Et clairement cela me porte.

Enfin, ce n’est plus le moment de refaire l’entraînement avec des « et si… » mais de courir et de finir ce beau triathlon de Genève. Je continue de compter en espérant que les sensations de jambes lourdes finissent par disparaître, pour que je puisse enfin lâcher les chevaux. J’aperçois le stand de ravitaillement et l’eau qui m’attend. Ce qui signifie que le demi-tour n’est pas loin.

Et c’est bon, je suis au stand de ravitaillement. Les bénévoles me tendent deux verres d’eau. Le premier pour me le verser sur la tête, le second pour le boire. Les bénévoles ont aussi des jets d’eau pour nous arroser. Je mouille la tête, je trempe ma casquette, car je sens que le soleil tape fort. Et malheureusement je n’ai toujours pas de sensations dans les jambes. Elles sont lourdes, les quadriceps tirent, les mollets sont contractés. Il va falloir faire avec pour finir la course.

Je continue inlassablement de compter. Parce que cela me permet de me concentrer sur autre chose. D’oublier la chaleur. D’oublier que je cours au ralenti. Je commence à m’inquiéter très sérieusement pour le sub 2h, qui s’éloigne de plus en plus à chaque fois que je me remets à marcher.

J’arrive dans le dernier virage et là je vois l’arche d’arrivée. Ce sont les 200 mètres les plus longs de ma vie. J’essaie d’accélérer, mais j’ai l’impression d’être lourde. Cela doit être seulement une impression parce que je suis floue sur mes photos de la ligne d’arrivée. Je finis mon triathlon S de Genève en 2 heures, 1 minute et 39 secondes… Je n’ai pas le sub 2h voulu, mais je fais mieux de 30 secondes par rapport à l’année dernière.

Ce que je retiens de ce triathlon de Genève 2022

Comme toujours, il y a des choses à retirer des courses. D’une part, je suis très contente de moi car j’ai pu constater un certain nombre progrès. Notamment en natation. J’ai pu également retrouver confiance en moi et en mes capacités après la déconvenue de Chamonix. D’autre part, cela a également mis en évidence des points sur lesquels je dois travailler, si je souhaite progresser.

On ne va pas se mentir mon poids me freine énormément, que ce soit à vélo ou en course à pied. J’ai beaucoup de mal à accélérer à cause de cette « charge inutile ». Sauf que ces 20 kilos de trop ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Il va me falloir accepter que cela prenne du temps. Et qu’en attendant, j’aurais du mal à retrouver mes allures de 2017. Mais un jour…

Pour l’instant, j’ai d’autres points sur lesquels je dois progresser. Notamment ma capacité à me sortir de ma zone de confort. Pour le moment, j’ai tellement peur d’échouer (oui je sais, ce n’est que du sport, il ne faut pas que je me mette autant de stress pour simplement un sport) que j’ai du mal à me mettre dans cette petite zone rouge qui te fait progresser. Je reste là où je suis confortable, que ce soit à l’entraînement ou en compétition.

J’ai une grosse défaillance de mental. Je le sais. Et si je veux être capable de finir mon premier triathlon M en septembre, il va falloir que je mette les bouchées doubles pour y remédier…

Triathlon de Genève, je reviendrais ! Mais cette fois pour affronter le M !

 

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