Traiter le poids comme symptôme

Traiter le poids comme symptôme

En ce moment, je suis en pleine lecture du livre de Jeremy Gorskie aka menthebanane sur les réseaux sociaux « de la tête à l’assiette ». Et le chapitre 2 a particulièrement résonné en moi. Voir le poids comme symptôme, et non pas comme simple conséquence d’une mauvaise hygiène de vie. Car si c’était le cas, tout le monde serait mince. Il n’y aurait pas de personnes en surpoids. Et pour moi, qui galère depuis maintenant 2 ans pour perdre mes 20 kilos en trop et qui pourtant connaît bien la « théorie » du rééquilibrage alimentaire, cela a fait écho en moi.

Parce que je galère avec mon poids depuis maintenant des mois. Des mois que je culpabilise de ne pas être capable d’améliorer mon alimentation pour créer ce fameux « déficit calorique » dont j’ai besoin pour maigrir. Des mois que j’ai des pulsions alimentaires auxquelles je suis incapable de résister. Pulsions qui ont réveillé de vieux démons. Bref, voilà des mois que je suis entrée dans un cercle vicieux qui est plus que néfaste pour ma santé mentale. Certains événements de ma vie personnelle m’ont obligé à arrêter de faire l’autruche, à arrêter de me focaliser uniquement sur les chiffres indiqués sur la balance pour englober la situation dans son ensemble.

Le constat était sans appel : je n’allais pas bien, et je trouvais du réconfort dans la nourriture. Cela venait par phase. Des moments où j’engloutissais tout ce qui me passait sous la main, sans trop réfléchir. Des moments où la nourriture me dégoûtait. L’équilibre alimentaire étant forcément rompu, mon corps n’arrivait pas à suivre et je n’ai eu de cesse de grossir. Entre début 2018 et aujourd’hui, j’ai pris 20 kilos. Vingt kilos qui me pèsent énormément. Mais vingt kilos qui sont dus à une perte de repères suite à mon départ précipité de Paris, mais également à un certain nombre de blessures non cicatrisées.

Blessures personnelles et prises de poids

Remontons un petit peu le temps. 2017 fut l’une de mes meilleures années mais également l’une des pires. Je découvre le vie active à Paris avec mon job à Décathlon. Je me fais tout un tas d’amis, je cours mon premier (et unique) marathon. J’ai un physique de fou. Puis tout s’écroule pendant l’été. Une de mes voisines transforme mon appartement en enfer personnel : de la musique qui fait vibrer les murs qui non-stop, un nouveau boulot qui ne me plaît pas, des galères financières… Je finis par craquer et tout lâcher pour rentrer dans le Sud. Officiellement, pour lancer ma micro-entreprise sereinement en vivant chez mes parents. Officieusement, parce que je n’arrive pas du tout à gérer mon argent et que j’ai l’impression d’avoir échoué à Paris.

Ce départ va littéralement bouleverser toute ma vie. D’un côté, je ne le regrette absolument pas. Car c’est ce qui m’a permis de vivre un certain nombre d’expériences qui font que j’en suis là où j’en suis aujourd’hui. Mais de l’autre, il faut reconnaître qu’il a eu quelques conséquences sur mon équilibre de vie. J’ai perdu tous mes repères. Certes, j’avais retrouvé mes parents. Mais les amis, le sport, le boulot, je n’avais plus rien. J’ai commencé à perdre pied… et à prendre du poids. Vraiment pas grand chose. Mais suffisamment pour le remarquer et « essayer de rectifier le tir ». Ce qui n’a pas vraiment fonctionné.

D’autant que la cohabitation avec mes parents s’est révélée compliquée. Ils avaient leurs propres habitudes, j’avais les miennes. Ils s‘inquiétaient de me voir galérer à lancer mon entreprise en free-lance, s’énervaient de me voir passer la journée en pyjama sur l’ordinateur ou le nez sur le téléphone (sauf que quand tu bosses dans le monde du digital, c’est ton job d’être sur l’ordinateur ou le téléphone). Des tensions ont commencé à s’immiscer dans nos relations. Jusqu’à ce que j’arrive à débloquer mes droits au chômage suite à un job saisonnier et à me prendre un appartement. Cela faisait 18 mois que je vivais chez eux.

Cette reprise d’indépendant a été comme une bouffée d’air frais pour moi. J’ai commencé à retrouver un petit équilibre de vie. Equilibre fragile qui a été fracassé par une relation particulièrement toxique. Durant cette période, je me suis sentie rabaissée, jamais à la hauteur que ce soit physiquement ou mentalement. J’ai commencé à développer des complexes… et mon poids s’est envolé. J’ai littéralement pris 10 kilos en 6 semaines. Encore aujourd’hui, cette relation m’affecte et est la cause de mon célibat, tellement je crains de revivre ça. Je suis devenue beaucoup plus exigeante. J’en attends beaucoup des gens qui m’entourent. Je n’ai tellement plus confiance en moi que les gens doivent (à mes yeux) constamment prouver qu’ils m’aiment. Parce que je ne me sens pas à ma place. Je suis toujours en train de me poser dix milles questions, de douter. D’avoir l’impression de gêner les gens. Je me sens totalement maladroite dans mes relations sociales. D’autant plus quand elles commencent à impliquer une certaine proximité.

Et finalement, la seule relation durable que j’entretiens est celle avec la nourriture. Relation tout sauf saine tu t’en doutes bien. Clairement, je pense que tant que je n’aurais pas réussi à guérir de cette blessure et à retrouver totalement confiance en moi, j’aurais beau tout mettre en place comme il faut, je ne perdrais pas de poids…

Le poids est le reflet de notre équilibre mental

Aujourd’hui, pour ma perte de poids, je suis accompagnée d’une diététicienne, d’un coach sportif… et d’une psy. Tout simplement parce que la prise de poids a des facteurs autant physiques que psychologiques comme l’explique si bien Jeremy dans son livre.

Du côté des facteurs physiques du surpoids, tu peux retrouver la génétique. Certaines personnes sont simplement « programmées » pour stocker plus facilement que d’autres. Les hormones jouent également un très grand rôle.  Et surtout l’âge… Le métabolisme diminue à mesure que les années passent. L’équilibre hormonal change… Et ton corps change également. Déjà le fameux « manger mieux et bouger plus » trouve ses limites face à ces premiers facteurs. Mais il rencontre un mur bien solide et bien épais avec les autres facteurs tels que les freins psychologiques, la prise de médicaments ou l’environnement.

Les freins psychologiques vont avoir un impact sur nos comportements quotidiens. Notamment sur nos pulsions alimentaires. On sait qu’on ne mange pas correctement, mais il nous est très difficile de rectifier le tir. On se sent totalement désemparée. Dans mon cas, je connais déjà très bien les bases de l’équilibre alimentaire, comment en témoigne mon article sur le rééquilibrage alimentaire. Cependant, je n’arrivais pas à appliquer ces « règles » à mon assiette. Tout simplement parce que je ne vois pas la nourriture comme un « simple » moyen de me nourrir et d’apporter à mon corps les nutriments dont il a besoin pour fonctionner. Mais comme une amie un peu toxique, censée me réconforter après une rude journée… mais ne m’apportant pas le bien-être tant attendu.

C’est pourquoi je ne supporte plus d’entendre les gens dire que pour maigrir, il suffit de manger moins (moins pas mieux !) et de se bouger les fesses. Ce message est ultra culpabilisant, en plus d’être totalement inefficace. D’autant plus qu’il s’accompagne bien souvent d’une pincée de grossophobie. Tu es déjà en difficulté, tu as déjà du mal à accepter ton corps et là on te rajoute en plus un jugement bien pourri sur tes rondeurs. De quoi t’enfoncer encore d’avantage dans une spirale destructrice. C’est également pour cela que je travaille autant sur moi-même, à faire la paix avec mon corps.

Ce n’est pas un chemin facile tous les jours. Un rien peut me blesser. Un rien peut fragiliser les quelques progrès faits. Mais il y a des valeurs sûres. Des choses qui me font toujours du bien pour apprendre à apprécier mon corps, à défaut de l’aimer. Pour avoir la patience (et le courage !) de voir le processus de rééquilibrage alimentaire porter ses fruits.

Same outfit, different size... both are beautiful !

Merci à toi Juliette (@douapita sur Instagram) pour ce shooting bodypositive, tout dans la bienveillance et la bonne humeur. Un moment qui m’aura fait énormément de bien et qui aura posé une pierre de plus dans ma (re)construction.

Nous portons toutes les deux un maillot de bains de la marque Seass Swim by Pauline (une ancienne collection trouvée lors d’une vente privée)

Il est temps d'aller mieux et de faire la paix avec moi-même pour enfin réussir à stabiliser mon poids !

 

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Une jeune femme tout à fait ordinaire qui a décidé de rendre sa vie extraordinaire grâce au sport, au blog et au partage ! Une vie qu’elle veut croquer à pleine dents ! Runneuse, marcheuse, fitgirl, apprentie nageuse… Je vis ma vie à 200 km/h !

2 Commentaires

  1. Couesnon
    6 août 2022 / 3 h 04 min

    Bonjour Margaux, ton message m a beaucoup touché .
    Tu es belle,pleine d entrain et pétillante.
    Tu es une femme déterminée et arrivera à tout ce que tu souhaites

    • Margaux Lifestyle
      Auteur/autrice
      6 août 2022 / 9 h 36 min

      Merci beaucoup

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