Faut-il vraiment plusieurs paires de chaussures de running ?
Avoir plusieurs paires de chaussures de running permet d’adapter ses chaussures aux différents types d’entraînement et de varier les sensations d’une séance à l’autre. Une rotation de chaussures de running peut notamment associer une paire polyvalente et confortable pour l’endurance à un modèle plus dynamique pour les séances rapides, ou à des chaussures adaptées à un terrain différent. Mais multiplier les paires n’est pas indispensable : l’intérêt d’une rotation apparaît surtout lorsque chaque chaussure répond à un besoin spécifique que les autres couvrent moins bien.
Sommaire
Quand tu commences la course à pied, les choses semblent plutôt simples : tu achètes une paire de chaussures de running confortable, adaptée à ta pratique, et tu pars courir. Puis tu commences à t’intéresser un peu plus à l’entraînement et, soudain, tu découvres qu’il faudrait presque une paire pour chaque occasion : une pour l’endurance fondamentale, une autre pour les séances rapides, une pour les sorties longues, éventuellement une pour les compétitions… Et c’est là qu’apparaît cette fameuse rotation de chaussures de running.
Mais faut-il vraiment plusieurs paires de chaussures pour courir ? Ou est-ce encore l’un de ces besoins qui semblent absolument indispensables dès qu’on commence à passer un peu trop de temps dans l’univers du running ?
Comme souvent, la réponse se situe quelque part entre les deux. Alterner ses chaussures de running peut avoir un véritable intérêt, notamment lorsque les entraînements deviennent plus réguliers ou plus variés. Mais cela ne signifie pas qu’il faille posséder trois, quatre ou cinq paires pour profiter de ses sorties — ni même pour progresser.
Dans cet article, je vais donc t’expliquer pourquoi certains coureurs utilisent plusieurs paires de running, ce que signifie réellement construire une rotation et surtout à partir de quel moment une deuxième paire peut devenir intéressante. L’objectif n’est pas de remplir ton placard de chaussures, mais de comprendre si ta pratique justifie réellement d’en avoir plusieurs… et, si oui, ce que chacune peut apporter.
Qu'est-ce qu'une rotation de chaussures en running ?
Quand on parle de rotation de chaussures de running, le terme peut donner l’impression qu’il faudrait posséder une véritable collection de baskets et choisir sa paire chaque matin en fonction d’un savant calcul. En réalité, le principe est beaucoup plus simple : il s’agit simplement de ne pas courir systématiquement avec la même paire de chaussures, mais d’en alterner plusieurs selon ses entraînements ou ses besoins.
Et surtout, construire une rotation ne signifie pas forcément transformer son entrée en rayon chaussures d’un magasin de sport.
Alterner plusieurs paires plutôt que courir toujours avec les mêmes chaussures
Une rotation peut parfaitement commencer avec deux paires de chaussures de running.
Au lieu d’utiliser la même paire pour tous tes entraînements, tu alternes entre deux modèles. Cela peut être simplement une paire que tu utilises principalement pour tes footings et une autre que tu réserves à certaines séances, mais nous verrons un peu plus loin que les possibilités sont nombreuses.
L’idée n’est donc pas nécessairement de posséder davantage de chaussures, mais de répartir ses entraînements entre plusieurs paires plutôt que d’accumuler tous ses kilomètres avec le même modèle.
Et cette nuance est importante, parce qu’on pourrait facilement croire qu’une « vraie » rotation doit obligatoirement comprendre trois, quatre ou cinq chaussures différentes. Ce n’est absolument pas le cas. Si tu alternes régulièrement entre deux paires, tu as déjà une rotation de chaussures de running.
À l’inverse, posséder cinq paires mais finir par courir 90 % du temps avec ta préférée parce que tu te sens mieux dedans ne constitue pas forcément une rotation particulièrement utile. Le nombre de chaussures dans ton placard n’est donc pas vraiment le sujet (et personnellement, j’en ai beaucoup trop qui restent dans mes placards) : c’est la manière dont tu les utilises qui nous intéresse ici.
Toutes les chaussures de running ne répondent pas au même besoin
Si la rotation des chaussures en course à pied peut avoir un intérêt, c’est notamment parce que toutes les chaussures ne sont pas conçues de la même manière.
Certaines privilégient le confort et l’amorti et sont particulièrement agréables pour accumuler tranquillement les kilomètres. D’autres sont plus légères et plus dynamiques, avec une géométrie ou des mousses pensées pour faciliter les changements d’allure. Certains modèles proposent davantage de stabilité, tandis que d’autres sont conçus pour un terrain ou un usage spécifique. Et c’est sans même parler des chaussures à plaque carbone, des modèles de compétition ou de la différence évidente entre chaussures de route et chaussures de trail.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il te faut une chaussure différente pour chaque type de séance.
Il existe aujourd’hui d’excellentes chaussures de running polyvalentes, capables de t’accompagner aussi bien sur une sortie en endurance fondamentale que sur une sortie longue ou quelques accélérations. Pour beaucoup de coureuses, notamment lorsque l’objectif est avant tout de courir régulièrement et de se faire plaisir, une seule paire de ce type peut d’ailleurs couvrir une très grande partie des besoins.
C’est lorsque ces besoins commencent à se différencier qu’avoir plusieurs paires peut devenir intéressant. Tu peux, par exemple, apprécier une chaussure très confortable pour tes footings tranquilles mais avoir envie de quelque chose d’un peu plus léger et dynamique lorsque ton programme prévoit des intervalles. Ou chercher davantage d’amorti pour tes sorties longues sans avoir envie de courir avec cette même chaussure sur toutes tes séances.
C’est donc probablement le principe le plus important à retenir avant de parler de rotation de chaussures de running : ce n’est pas le nombre de paires que tu possèdes qui compte, mais la fonction qu’elles remplissent dans ta pratique.
Une deuxième paire devient réellement intéressante lorsqu’elle apporte quelque chose que la première ne t’apporte pas — et non simplement parce qu’on t’a expliqué qu’une runneuse devait absolument avoir plusieurs chaussures dans son placard.
Pourquoi certains coureurs utilisent-ils plusieurs paires de chaussures ?
Adapter ses chaussures au type de séance
C’est probablement la raison la plus évidente d’avoir plusieurs paires de chaussures de running : toutes tes séances ne se ressemblent pas forcément.
Lorsque tu pars pour 45 minutes en endurance fondamentale, tu peux par exemple privilégier une chaussure confortable, avec suffisamment d’amorti et dans laquelle tu te sens bien sans particulièrement chercher à aller vite. Pour une sortie longue, ce confort peut devenir encore plus important puisque tu vas passer davantage de temps à courir.
À l’inverse, lors d’une séance de fractionné ou de tempo, tu peux apprécier une chaussure plus légère et plus dynamique, avec laquelle les changements d’allure te semblent plus faciles. Et si tu participes à des courses, tu peux également avoir une paire que tu préfères réserver aux compétitions.
Cela pourrait donc donner une rotation de chaussures de running composée d’une paire confortable pour l’endurance fondamentale et les sorties longues, complétée par une chaussure plus dynamique pour les séances rapides et éventuellement les compétitions.
Mais encore une fois, ce découpage n’a rien d’obligatoire.
Tu peux parfaitement faire ton fractionné avec tes chaussures de running d’entraînement, courir un 10 km avec la même paire que celle utilisée pendant tes footings et ne jamais acheter de chaussures spécifiques pour la compétition. À notre niveau de pratique, la question est surtout celle des sensations et du confort : une deuxième paire peut apporter quelque chose de différent, elle n’est pas indispensable pour réaliser la séance.
C’est d’ailleurs une bonne manière de réfléchir à ta rotation : plutôt que de te demander quelle chaussure tu es « censée » utiliser pour chaque entraînement, demande-toi si ta paire actuelle répond correctement à tous tes besoins. Si la réponse est oui, tu n’as peut-être tout simplement besoin de rien d’autre.
Varier les contraintes imposées au corps
C’est probablement l’argument qui mérite le plus de nuances, parce qu’on entend parfois que faire une rotation de chaussures permettrait d’éviter les blessures.
L’idée de départ n’est pourtant pas absurde. Deux chaussures présentant des caractéristiques différentes — amorti, drop, rigidité, géométrie, stabilité… — peuvent modifier certains paramètres biomécaniques de la course et donc la manière dont les contraintes sont appliquées au système musculosquelettique.
Une étude prospective publiée dans le Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports a justement suivi 264 coureurs et coureuses de loisir pendant 22 semaines. Les personnes utilisant plusieurs paires de chaussures en parallèle présentaient un risque de blessure inférieur à celles courant toujours avec la même paire (HR 0,614 ; IC à 95 % : 0,389–0,969). Les chercheurs avancent notamment l’hypothèse qu’utiliser plusieurs modèles pourrait contribuer à faire varier les charges appliquées au système musculosquelettique.
Dit comme ça, tu pourrais être tentée de commander immédiatement une deuxième paire en te disant que tu viens d’investir dans ta santé. Sauf que cette étude montre une association, pas un lien de cause à effet.
Les chercheurs n’ont pas réparti aléatoirement les participants entre un groupe condamné à courir avec une seule paire et un autre équipé de plusieurs chaussures. Il s’agit d’un suivi observationnel : d’autres différences entre les coureurs peuvent donc contribuer aux résultats observés. Dans cette même étude, la pratique d’autres sports était d’ailleurs elle aussi associée à un risque de blessure inférieur.
Plus largement, les connaissances scientifiques sur le rôle des chaussures dans la prévention des blessures restent loin d’être aussi simples que « telle chaussure protège, telle autre blesse ». Une revue Cochrane portant sur 12 essais et plus de 11 000 participants conclut que, pour de nombreuses comparaisons entre différents types de chaussures, le niveau de certitude des preuves concernant les blessures reste faible ou très faible.
Tu peux donc retenir qu’alterner ses chaussures de running permet de faire varier certaines contraintes, et qu’il existe des données intéressantes en faveur de cette pratique. Mais certainement pas qu’une rotation constitue une assurance anti-blessure.
Acheter une deuxième paire ne remplacera jamais une progression adaptée à tes capacités, la récupération ou simplement le fait d’écouter une douleur lorsqu’elle apparaît.
Mieux répartir l'utilisation et l'usure de ses chaussures
Dernier avantage, beaucoup plus terre à terre : lorsque tu possèdes deux paires et que tu les alternes, tu répartis forcément ton kilométrage entre les deux.
Imaginons que tu cours 20 kilomètres par semaine. Avec une seule paire, elle accumule environ 80 kilomètres par mois. Si tu répartis équitablement tes entraînements entre deux chaussures, chacune n’en accumulera plus qu’environ 40.
Tes deux paires vont donc rester dans ta rotation de chaussures de running plus longtemps dans le calendrier. Cela peut notamment être pratique lorsque tu cours plusieurs fois par semaine : tu n’as plus une seule paire qui concentre absolument tous tes entraînements.
En revanche, j’éviterais d’en conclure que posséder plusieurs chaussures permet nécessairement de faire des économies.
Si une paire atteint la fin de sa vie après un certain volume d’utilisation, répartir tes kilomètres entre deux modèles va surtout retarder le moment où chacune atteindra ce kilométrage. Tes chaussures peuvent donc te durer davantage de mois, mais cela ne signifie pas automatiquement que tu vas parcourir davantage de kilomètres avec chacune d’elles.
Et évidemment, acheter deux paires au lieu d’une représente toujours deux achats.
La rotation peut donc être intéressante pour répartir l’utilisation de tes chaussures, adapter tes modèles aux différentes séances et varier certaines contraintes. Mais aucun de ces arguments ne signifie que toutes les coureuses devraient posséder plusieurs paires.
La vraie question devient alors beaucoup plus intéressante : à partir de quel moment une deuxième paire apporte-t-elle réellement quelque chose à ta pratique ?
Est-il vraiment nécessaire d'avoir plusieurs paires pour courir ?
Si tu débutes ou cours occasionnellement : une paire peut parfaitement suffire
Si tu viens de commencer la course à pied, que tu cours une ou deux fois par semaine et que tes entraînements sont relativement similaires, tu n’as aucune obligation de réfléchir immédiatement à une rotation de chaussures de course à pied.
À ce stade, je privilégierais largement une chaussure polyvalente, confortable et adaptée à ta pratique.
Si cette paire te permet de réaliser tes footings, d’allonger progressivement certaines sorties et éventuellement d’intégrer quelques variations d’allure sans inconfort, elle remplit parfaitement son rôle. Acheter immédiatement une deuxième paire simplement parce que tu as lu qu’il fallait alterner ses chaussures de running n’apportera pas forcément grand-chose à ton entraînement.
D’autant que lorsque l’on débute, les besoins peuvent encore évoluer rapidement. Tu vas progressivement découvrir les sensations que tu apprécies dans une chaussure, mais aussi le type de pratique qui te plaît. Peut-être que tu vas adorer les sorties longues, commencer à courir davantage sur les chemins ou, au contraire, te prendre au jeu des séances plus rapides.
Il est donc parfois beaucoup plus pertinent d’attendre que ces besoins apparaissent plutôt que d’essayer de les anticiper en achetant plusieurs modèles dès le départ.
Et même lorsque tu cours depuis plusieurs années, tu n’es jamais obligée d’avoir plusieurs paires de chaussures de running. Si tu cours deux ou trois fois par semaine, principalement sur le même terrain, avec des séances assez proches et que ta chaussure actuelle te convient parfaitement, il n’y a aucune raison de compliquer les choses.
Une bonne chaussure polyvalente peut faire énormément de choses.
À partir de quand une deuxième paire devient-elle intéressante ?
C’est là que j’éviterais justement de te donner un chiffre magique.
Tu trouveras facilement des recommandations du type « à partir de trois séances par semaine, il faut deux paires » ou « au-delà de X kilomètres hebdomadaires, il faut commencer une rotation ». Le problème, c’est que deux personnes courant exactement le même nombre de kilomètres peuvent avoir des pratiques complètement différentes.
Imagine deux coureuses qui parcourent chacune 25 kilomètres par semaine.
La première réalise trois footings tranquilles de 7 à 10 kilomètres, toujours sur les mêmes routes autour de chez elle. Si elle possède une chaussure confortable et polyvalente qu’elle adore, une deuxième paire n’est pas nécessairement indispensable.
La seconde réalise un footing en endurance fondamentale, une séance de fractionné et une sortie longue chaque semaine. Elle prépare peut-être également un 10 km ou un semi-marathon. À kilométrage identique, ses besoins sont déjà beaucoup plus variés et avoir deux paires de chaussures de running peut commencer à avoir du sens.
C’est donc moins ton kilométrage hebdomadaire que l’évolution de ta pratique qui peut rendre une rotation intéressante.
Cela peut être le cas lorsque tu commences à courir plus souvent et que tes entraînements se diversifient. Si une séance rapide apparaît dans ton programme, tu peux avoir envie de compléter ta chaussure habituelle par un modèle plus léger ou plus dynamique. Si tes sorties longues deviennent régulières, tu peux au contraire rechercher davantage de confort ou d’amorti pour ces séances.
La préparation d’une course peut également faire évoluer tes besoins. Pas parce qu’il serait obligatoire de posséder des chaussures de running pour la compétition, mais parce que tu peux avoir envie d’un modèle différent pour tes séances spécifiques ou le jour de la course.
Et il n’y a pas que l’intensité ou la distance qui comptent : le terrain peut à lui seul justifier une deuxième paire.
Si tu cours principalement sur le bitume pendant la semaine mais que tu profites régulièrement de tes week-ends pour partir sur des sentiers, en forêt ou en montagne, tes chaussures de route ne seront pas nécessairement adaptées à toutes tes sorties. Accroche, stabilité, protection du pied ou résistance de la semelle deviennent alors des critères différents. Dans ce cas, une rotation très simple composée d’une paire de chaussures de route et d’une paire de trail peut être beaucoup plus pertinente que d’acheter deux modèles de route aux caractéristiques presque identiques.
La même logique vaut d’ailleurs pour toutes les situations : une deuxième paire devient intéressante lorsqu’elle répond à un besoin que la première couvre moins bien.
Cela peut être :
- une chaussure plus dynamique pour les séances rapides ;
- une paire plus confortable pour les sorties longues ;
- une chaussure réservée aux compétitions ;
- une paire de trail pour quitter régulièrement le bitume ;
- ou simplement deux modèles aux sensations suffisamment différentes pour que tu aies réellement intérêt à les alterner.
Tu remarqueras que je ne t’ai toujours pas donné de nombre de kilomètres ou de séances à partir duquel tu devrais sortir ta carte bancaire. C’est volontaire.
Ce n’est pas parce que tu atteins soudainement 20, 30 ou 40 kilomètres par semaine qu’une deuxième paire devient indispensable. De la même manière, courir quatre fois par semaine ne signifie pas automatiquement qu’il te faut quatre chaussures différentes.
La rotation de chaussures de running devient surtout pertinente lorsque tes usages commencent à se différencier.
Et c’est probablement le meilleur critère pour savoir si tu as réellement besoin d’une nouvelle paire : plutôt que de te demander combien de chaussures une coureuse « sérieuse » devrait posséder, demande-toi simplement ce que cette nouvelle paire ferait que tes chaussures actuelles ne font pas déjà suffisamment bien.




Comment construire simplement sa première rotation de chaussures running ?
Si tu arrives à la conclusion qu’avoir plusieurs paires de chaussures de running pourrait être intéressant pour ta pratique, inutile de commencer par chercher quelles sont les trois chaussures que toute coureuse devrait absolument posséder. Je partirais plutôt de ce que tu fais réellement à l’entraînement et, surtout, des chaussures que tu possèdes déjà.
Une rotation pertinente se construit progressivement : on commence par une paire capable de répondre à la majorité de nos besoins, puis on ajoute éventuellement un modèle lorsque l’on identifie quelque chose qui nous manque.
Première paire : la chaussure polyvalente et confortable
Si tu ne devais posséder qu’une seule paire, je privilégierais une chaussure de running polyvalente et confortable.
C’est celle qui va accumuler la majorité de tes kilomètres et t’accompagner sur tes entraînements les plus fréquents : footing tranquille, endurance fondamentale, sorties classiques et, si elle reste suffisamment confortable lorsque la durée augmente, sorties longues.
Elle n’a pas besoin d’être la plus légère, la plus dynamique ou la plus technologique du marché. Son principal rôle est beaucoup plus simple : te permettre de courir régulièrement dans de bonnes conditions et avec de bonnes sensations.
Une chaussure polyvalente peut également tout à fait t’accompagner lorsque tu commences à intégrer quelques accélérations ou tes premières séances de fractionné. Il n’est donc pas nécessaire d’acheter immédiatement un modèle spécifique dès que ton programme te demande de courir un peu plus vite.
Et pour beaucoup de coureuses, cette première paire pourra d’ailleurs rester la seule pendant très longtemps.
Deuxième paire : choisir ce qui manque réellement à la première
C’est lorsque tu identifies une limite ou un nouveau besoin que la deuxième paire de chaussures de running commence à devenir intéressante.
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette deuxième paire n’a pas nécessairement besoin d’être une chaussure rapide.
Si ta première paire est très confortable mais te semble lourde ou peu réactive lorsque tu accélères, tu peux effectivement choisir un modèle plus léger et dynamique pour tes séances de seuil, de fractionné ou tes compétitions.
Mais ton besoin peut être exactement inverse.
Peut-être que ta chaussure actuelle est suffisamment polyvalente pour tes footings et tes séances rapides, mais que tu commences à manquer de confort lorsque tes sorties longues dépassent une certaine durée. Dans ce cas, ta deuxième paire pourrait au contraire être un modèle avec davantage d’amorti ou de maintien.
Et parfois, ce n’est même pas le type d’entraînement qui change, mais le terrain. Si tu cours sur route toute la semaine et commences à passer régulièrement tes week-ends sur des sentiers, une paire de chaussures de trail sera probablement beaucoup plus complémentaire qu’une deuxième paire de chaussures de route.
La question à te poser n’est donc pas : « Quelle deuxième paire faut-il avoir dans une rotation de chaussures running ? »
Mais plutôt : « Qu’est-ce que ma paire actuelle fait moins bien par rapport à ce dont j’ai désormais besoin ? »
C’est également à ce moment-là que je te conseille de prendre le temps de choisir ton nouveau modèle plutôt que d’acheter la chaussure dont tout le monde parle en ce moment. J’ai d’ailleurs consacré un article aux trois questions à se poser avant d’acheter une nouvelle paire de running, qui peut t’aider à déterminer plus précisément le type de chaussure dont tu as réellement besoin.
Et faut-il vraiment une troisième, une quatrième ou une cinquième paire ?
Une fois que l’on commence à s’intéresser aux chaussures de running, les choses peuvent rapidement dégénérer. Une paire pour les footings, une pour les sorties longues, une pour le fractionné, une pour la compétition, une pour le trail… et soudain il faut négocier un nouvel espace de rangement à la maison.
Mais là encore, une rotation importante n’est pas nécessairement une meilleure rotation.
Pour simplifier, on pourrait imaginer quelque chose comme :
1 paire → une chaussure polyvalente pour presque tout faire
2 paires → une chaussure polyvalente + une paire répondant à un besoin complémentaire
3 paires → une chaussure confortable pour l’endurance + une chaussure dynamique pour les séances rapides + une paire pour la compétition, le trail ou un autre usage spécifique
Au-delà, on entre généralement dans des besoins beaucoup plus spécifiques… ou tout simplement dans le plaisir d’avoir plusieurs chaussures et de varier les sensations. Et il n’y a évidemment aucun problème avec ça, tant que l’on distingue ce dont on a réellement besoin pour courir de ce que l’on a simplement envie d’acheter.
Tu peux avoir envie d’une paire réservée aux compétitions, de plusieurs modèles dynamiques aux sensations différentes ou de deux paires de trail adaptées à différents terrains. Mais rien ne t’oblige à construire progressivement une rotation de plus en plus importante à mesure que tu progresses.
Une rotation de chaussures de running n’est pas une collection à compléter.
Si deux paires couvrent parfaitement tous tes besoins, il n’y a aucune raison sportive d’en ajouter une troisième. Et si une seule chaussure continue à faire tout ce que tu lui demandes, tu n’es même pas obligée d’arriver à l’étape numéro deux.
La meilleure rotation reste donc celle qui correspond à ta pratique, tes sensations, tes terrains d’entraînement et tes envies — pas celle que quelqu’un d’autre a décidé qu’une coureuse devait posséder.
Ma rotation actuelle de chaussures de running
Après toute cette théorie, autant te montrer concrètement à quoi ressemble ma rotation de chaussures de running. Avec une précision importante : elle est aujourd’hui beaucoup plus fournie que ce dont j’aurais réellement besoin pour m’entraîner.
Pendant longtemps, mes critères de choix ont été assez simples. Avec mon surpoids, ma foulée supinatrice et mon attaque médio-pied, je recherchais avant tout du confort, de l’amorti et suffisamment de maintien, notamment pour les sorties longues. J’ai en revanche toujours évité les chaussures avec un stack trop important, dans lesquelles j’ai parfois l’impression que ma pose de pied est moins naturelle.
Et comme j’ai toujours largement préféré l’endurance à la vitesse, je n’avais pas particulièrement besoin d’une collection de chaussures très dynamiques.
Aujourd’hui, mes besoins commencent à évoluer. Avec ma perte de poids, mes sensations en course changent, mais ce sont surtout mes envies à l’entraînement qui ne sont plus tout à fait les mêmes. La vitesse devient plus accessible, je prends davantage de plaisir sur les séances rythmées et je ressens désormais le besoin d’avoir des chaussures plus dynamiques pour mes séances de seuil ou de VMA.
Ma rotation actuelle reflète donc assez bien cette évolution.
Pour l'endurance fondamentale et les sorties longues : Nike Vomero 18 et Asics Gel-Nimbus 28
Dans la catégorie « chaussons », j’ai actuellement deux modèles : les Nike Vomero 18 et les Asics Gel-Nimbus 28.
Ce sont les chaussures que je privilégie lorsque mon objectif est avant tout d’accumuler tranquillement les kilomètres. Je recherche alors du confort, de l’amorti et du maintien plutôt qu’une chaussure particulièrement légère ou réactive. Elles sont donc parfaitement adaptées à mes sorties en endurance fondamentale et aux sorties longues pendant lesquelles je ne prévois pas de travail d’allure particulier.
Ai-je réellement besoin des deux ? Non.
Elles remplissent globalement la même fonction dans ma rotation et, si je devais réduire le nombre de chaussures que je possède, je n’en conserverais probablement qu’une dans cette catégorie.
Pour les séances plus dynamiques : Asics Novablast 5 et Nike Pegasus
Dès que je veux mettre un peu plus de rythme dans mes entraînements, je quitte généralement mes chaussures les plus confortables pour des modèles qui me donnent davantage envie d’accélérer.
Les Asics Novablast 5 occupent une place un peu particulière parce qu’elles restent suffisamment confortables pour accumuler les kilomètres tout en étant plus dynamiques que mes Nimbus. J’aime notamment les utiliser sur mes sorties longues lorsque celles-ci comportent des blocs d’allure : elles me permettent de conserver le confort dont j’ai besoin sur la durée tout en étant plus agréables lorsque j’accélère.
C’est probablement le modèle qui se rapproche le plus, dans ma rotation actuelle, de la chaussure de running polyvalente capable de couvrir plusieurs types de séances.
Pour les séances de fractionné plus courtes, j’utilise également les Nike Pegasus. Je les trouve plus intéressantes lorsque je veux travailler la vitesse, mais beaucoup moins adaptées à mes besoins lorsque la durée de la séance augmente.
Au-delà d’environ 1 h 15 de course, je commence personnellement à ressentir davantage les impacts au niveau des chevilles et leur amorti devient insuffisant pour mon confort. Mon poids joue probablement un rôle dans ce ressenti, mais c’est justement un bon exemple de la raison pour laquelle une chaussure peut convenir parfaitement à un type de séance sans être celle que l’on choisira pour toutes les autres.
Pour les compétitions : New Balance FuelCell Rebel v5
La petite nouvelle de ma rotation, c’est la New Balance FuelCell Rebel v5… et après l’avoir testée, je peux désormais le confirmer : elle a largement gagné sa place !
C’est exactement le type de chaussure qui manquait à ma rotation actuelle. Je la trouve nettement plus dynamique que mes autres modèles, avec beaucoup de répondant lorsque j’accélère, tout en conservant suffisamment de souplesse sous le pied. Et ce dernier point est particulièrement important pour moi : les chaussures rapides trop rigides ont tendance à provoquer des contractions au niveau de mes mollets, ce que je ne ressens pas avec la Rebel v5.
C’est donc une paire que j’ai vraiment envie de sortir lorsque je cherche de la vitesse, notamment pour mes séances de seuil ou certaines séances de fractionné, mais aussi en compétition.
Je la trouve notamment parfaite pour un 10 km : suffisamment légère et dynamique pour avoir envie d’accélérer, sans basculer dans une chaussure extrêmement rigide ou exigeante. Je pourrais également tout à fait l’envisager sur un semi-marathon couru à une allure un peu plus soutenue, même si je veux encore la tester davantage sur des sorties plus longues avant de décider si je serais prête à la choisir sur cette distance en compétition.
Elle illustre finalement très bien l’intérêt d’une rotation : je n’avais pas besoin d’une énième paire confortable pour l’endurance, mais d’une chaussure apportant davantage de dynamisme sans sacrifier les sensations dont j’ai besoin pour courir confortablement. Et c’est précisément la place que la Rebel v5 vient occuper.
Et pour le trail : Asics Trabuco ou Brooks Cascadia
Enfin, ma rotation change complètement lorsque je quitte le bitume.
Pour mes sorties trail, j’alterne actuellement entre les Asics Gel-Trabuco et les Brooks Cascadia. Les deux répondent à mes besoins sur les sentiers et, contrairement à mes chaussures de route, je ne peux pas vraiment prétendre qu’il existe ici une stratégie extrêmement élaborée pour choisir entre elles.
Le critère est parfois tout simplement : laquelle va le mieux avec ma tenue du jour ?
Oui, après plusieurs paragraphes consacrés à l’intérêt fonctionnel d’une rotation de chaussures, je tenais à rétablir un peu de vérité sur nos processus de décision.
Si je devais réellement limiter ma rotation à l'essentiel…
Tu l’auras probablement compris en comptant les modèles cités : j’ai bien plus de chaussures de running que ce dont j’ai réellement besoin.
Mon activité de créatrice de contenu me permet d’avoir régulièrement des dotations de la part de marques et donc de tester de nouveaux modèles. C’est une chance et cela me permet aussi de comparer différentes chaussures pour pouvoir ensuite partager mon expérience, mais cela crée forcément une rotation beaucoup plus importante que celle que j’aurais si je devais acheter moi-même chacune de mes paires.
Sans cette activité, je pense que ma rotation idéale se limiterait à trois paires : deux pour la route et une pour le trail.
Pour la route, je choisirais une chaussure polyvalente et confortable, capable de m’accompagner sur mes footings en endurance fondamentale comme sur mes sorties longues, puis une chaussure plus légère et dynamique pour les séances de seuil, de VMA et éventuellement les compétitions. J’ajouterais simplement une paire de trail pour mes sorties sur les sentiers et en montagne.
Et finalement, c’est peut-être le meilleur exemple de tout ce que j’essaie de montrer dans cet article : une bonne rotation n’est pas celle qui contient le plus de chaussures, mais celle dans laquelle chaque paire a une véritable raison d’être.
La mienne évolue aujourd’hui parce que ma pratique évolue. Là où je recherchais presque exclusivement du confort il y a encore quelque temps, j’ai désormais envie d’y ajouter davantage de dynamisme. Et si mes besoins changent encore dans quelques mois, ma rotation changera probablement avec eux.
FAQ : Tout savoir sur la rotation de chaussures de running
Il n’existe pas de nombre idéal de paires de chaussures de running à posséder. Si tu débutes ou que tu cours une à deux fois par semaine avec des entraînements similaires, une bonne chaussure polyvalente peut parfaitement suffire. Une deuxième paire devient surtout intéressante lorsque tes besoins commencent à se différencier : séances rapides, sorties longues, compétition, trail… L’objectif d’une rotation n’est donc pas d’accumuler les chaussures, mais que chaque paire ait une véritable utilité.
Alterner ses chaussures de running peut être intéressant, mais ce n’est pas obligatoire. Utiliser plusieurs modèles permet notamment d’adapter ses chaussures au type de séance et de faire varier certaines contraintes mécaniques. Mais si tu possèdes une seule paire confortable, adaptée à ta pratique et suffisamment polyvalente pour tes différents entraînements, tu peux parfaitement continuer à courir avec celle-ci.
- abandon.
Avant de chercher une alimentation “parfaite”, il est souvent bien plus utile de travailler les fondations :
- des repas plus réguliers ;
- davantage de protéines ;
- plus de fibres ;
- une meilleure satiété ;
- moins de chaos alimentaire.
Certaines adaptations nutritionnelles peuvent avoir du sens selon ton profil, mais elles n’ont pas besoin d’être brutales.
Oui, il est possible de courir avec les mêmes chaussures à chaque entraînement, à condition qu’elles soient adaptées à ta pratique, en bon état et confortables. On entend parfois qu’il faudrait obligatoirement laisser reposer les mousses pendant 24 à 48 heures entre deux sorties, mais les données disponibles ne permettent pas d’en faire une règle générale imposant de posséder une deuxième paire. Si tu cours très régulièrement, une rotation peut néanmoins devenir pratique pour varier les modèles et répartir le kilométrage entre plusieurs chaussures.
Oui ! Tu n’as absolument pas besoin d’acheter des chaussures spécifiques pour le fractionné pour commencer à intégrer des séances rapides à ton entraînement. Une chaussure d’endurance polyvalente peut parfaitement convenir. Une paire plus légère et dynamique peut simplement rendre les changements d’allure plus agréables lorsque les séances rapides deviennent régulières, mais elle ne conditionne ni la réalisation ni la réussite de ton entraînement.
Pas nécessairement. Si tes chaussures habituelles restent confortables lorsque la durée augmente, tu peux tout à fait les utiliser pour tes sorties longues en course à pied. Certaines coureuses apprécient cependant davantage d’amorti, de confort ou de stabilité sur ces séances. Là encore, une paire spécifique devient intéressante lorsqu’elle répond à un besoin que ta chaussure habituelle ne couvre plus suffisamment, et non simplement parce que ton programme contient une sortie longue.
On ne peut pas affirmer qu’une rotation de chaussures de running permet d’éviter les blessures. Une étude prospective menée auprès de 264 coureurs de loisir a observé une association entre l’utilisation parallèle de plusieurs paires et un risque de blessure inférieur, mais ce type d’étude ne permet pas de démontrer que la rotation en est directement la cause.
Différents modèles peuvent faire varier certaines contraintes appliquées au corps, mais aucune paire — ni aucune rotation — ne constitue une assurance contre les blessures. La progressivité de l’entraînement, la gestion de la charge, la récupération et la prise en compte des douleurs restent bien plus importantes que le nombre de chaussures dans ton placard.
Deux paires vont durer plus longtemps dans le temps calendaire, puisque ton kilométrage sera réparti entre elles. Si tu parcours 100 kilomètres par mois et alternes équitablement deux modèles, chacune n’accumulera qu’environ 50 kilomètres.
Cela ne signifie cependant pas que chaque chaussure parcourra davantage de kilomètres avant d’être usée. Alterner deux paires permet surtout de ralentir l’accumulation du kilométrage sur chacune d’elles. Ce n’est donc pas nécessairement une source d’économies : tu répartis simplement l’usure entre plusieurs chaussures.
Conclusion : Faut-il avoir plusieurs paires de chaussures de running ?
Alors, faut-il vraiment plusieurs paires de chaussures de running ? Non. Et certainement pas parce que tu cours trois fois par semaine, que tu prépares ton premier 10 km ou que ton fil Instagram te laisse penser que toute coureuse digne de ce nom possède une étagère entière de baskets.
Une bonne chaussure de running polyvalente, confortable et adaptée à ta pratique peut largement suffire, notamment lorsque tu débutes ou que tes entraînements restent assez similaires. Tu peux courir en endurance fondamentale, faire tes premières séances de fractionné, augmenter progressivement la durée de tes sorties et même participer à des courses sans avoir une chaussure différente pour chaque occasion.
La rotation de chaussures de running commence surtout à devenir intéressante lorsque ta pratique évolue. Peut-être que tes sorties longues nécessitent davantage de confort, que tu prends goût aux séances rapides et aimerais une chaussure plus dynamique, ou que tu alternes désormais entre bitume et sentiers. À ce moment-là, avoir plusieurs paires permet simplement de choisir celle qui répond le mieux aux besoins de la séance du jour.
Mais je crois que le meilleur réflexe avant d’acheter une nouvelle paire reste finalement très simple : qu’est-ce que cette chaussure va m’apporter que celles que je possède déjà ne m’apportent pas ?
Si tu n’as pas vraiment de réponse, tu n’en as probablement pas besoin.
Et si la réponse est « absolument rien, mais elle est beaucoup trop belle et j’en ai très envie »… eh bien, c’est une autre excellente raison d’acheter des chaussures. Simplement, on ne pourra plus vraiment appeler ça un besoin pour ta rotation. 😅
Parce qu’au fond, une bonne rotation ne se mesure pas au nombre de paires dans ton placard. Elle se construit avec des chaussures complémentaires qui ont chacune une vraie raison d’être dans ta pratique — que cela signifie en posséder une, deux, trois… ou quelques-unes de plus simplement parce que les chaussures de running sont aussi ton petit plaisir.
Combien de chaussures de running as-tu dans tes placards ?
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