Carnet de Tenerife Part 1 - Los Cristianos & Masca

Hello ! Aujourd’hui, je t’emmène avec moi à Tenerife, plus exactement à Los Cristianos et à Masca… J’ai décidé de couper mon carnet de voyage en trois, car vu tout ce que j’ai à raconter, tu en aurais eu pour des plombes à tout lire.. Du coup, tout au long de ce mois de décembre, tu trouveras un peu de chaleur, de soleil et de mer sur le blog 😉 Tout de même, installe-toi confortablement avec un petit thé, parce que le récit de ces trois premiers jours à Tenerife est tout de même un peu long… Bonne lecture !

 

Lundi 14 Novembre : Jour 1 à Tenerife – Los Cristianos

Hier en arrivant, je suis directement partie me promener. Je voulais absolument profiter des derniers rayons de soleil, car mine de rien, le soleil se couche très tôt à Tenerife : à 19h, il fait déjà nuit noire. J’en ai profité pour réserver une excursion en bateau pour aller voir les dauphins ainsi qu’un cours de surf. Après tout, j’en rêve depuis que j’ai décidé de partir à Tenerife. Je suis assez surprise : tout s’est parfaitement enchaîné depuis mon arrivée à l’aéroport. En moins d’une heure, j’avais récupéré mon sac, je m’étais changé (au revoir jean et pull ! bonjour short et débardeur !), j’avais acheté une carte SIM pour le téléphone et j’avais attrapé un bus pour Los Cristianos.

L’auberge de jeunesse où j’ai réservé pour deux nuits est un peu rustique. Seule la terrasse avec vue sur l’océan vaut vraiment le coup… Sans compter qu’elle est assez bruyante le soir, du fait de la présence d’un bar juste en dessous…

Bref, revenons à ma balade du soir le long des plages du Sud de Tenerife. Elle se conclut par un arrêt dans un petit restaurant, « Romantica ». Les assiettes servies m’ont l’air prometteuses. Un coup d’œil sur la carte m’indique que les plats ne sont pas chers du tout. Je me commande des pâtes carbonara. Ba oui, demain, y’a running !

Après un peu d’attente, mes pâtes arrivent. Et là, c’est le drame ! Ils ont vidé tout le pot de poivre ou quoi ? Si les premières bouchées sont délicieuses, le poivre finit rapidement par l’emporter en me laissant la bouche en feu. Impossible malheureusement de terminer l’assiette, moi qui n’ai absolument pas l’habitude de manger épicé.


La nuit qui suit est très chaotique entre le bruit de la rue et un mec de la chambre qui est rentré totalement bourré. Et bim ! La lumière dans la gueule à 3h du matin ! Et bim ! Il se cogne partout ! Et bim ! Ilse met à ronfler comme jamais dès que sa tête touche l’oreiller ! Impossible de dormir avec tout le boucan qu’il fait.

Bref, 5h du matin, j’ai les yeux grands ouverts et qu’une seule envie, celle d’aller courir. Bon le soleil ne se levant que vers 7h20, on va rester encore un peu au lit à écouter la symphonie des ronflements. 6h… Je bondis hors de mon lit et fonce mettre ma tenue de sport. Puis, je vais me caler sur la terrasse de l’auberge de jeunesse pour déguster les restes de mon banana bread, qui même après une semaine reste toujours aussi bon. Je savoure le calme et le silence. Quel agréable moment à n’écouter que le bruit des vagues !

7h… La nuit commence à s’éclaircir. Je démarre l’application Nike et commence à courir. Un régal ! Cela me permet d’allier course à pied et visite touristique. Je longe le littoral encore endormi.
Playa de Los Cristianos, Playa de las Vistas, Playa de las Americas, Costa Adeje… Partie pour un petit run de 5km, je retarde à chaque fois le moment de faire demi-tour, juste pour en découvrir encore un petit peu plus.

Le paysage change très rapidement d’une plage à l’autre. Le début de Los Cristianos ressemble beaucoup au Cap d’Agde. Mais plus on s’avance et plus l’architecture prend des accents grecs, venus des Îles Cyclades, avec ses maisons blanches, puis des accents espagnoles… Puis cela change à nouveau pour laisser place au luxe de Costa Adeje. La seule constance est la présence de palmiers de chaque côté de la promenade que j’emprunte. C’est assez compliqué à décrire. Je regrette de ne pas avoir pris plus de photos. Au final, j’aurais couru 9km…. Quelle belle manière de commencer mon road-trip à Tenerife !

En rentrant, j’expédie la douche et la préparation de mon sac afin de repartir le plus rapidement possible.

Programme de la matinée : partir à la découverte du centre-ville de Los Cristianos. Bon mis à part la belle Eglise blanche d’inspiration andalouse et la petite librairie où j’ai pu trouver des livres en français pour trois fois rien (oui le gros pavé que je m’étais pris m’a tellement plu que je l’ai terminé dans l’avion…), je n’ai rien trouvé qui en vaille vraiment la peine. Toutes les rues ressemblent énormément au port du Cap d’Agde. Rien de bien nouveau pour moi. En même temps, Los Cristianos semble avoir été pensée pour le touriste. Je serais curieuse de savoir à combien s’élève la population locale, mais aussi si elle a des endroits fétiches, loin de la masse des touristes. Ces zones-là doivent être préservées du bétonnage et absolument magnifiques à voir.

Mais bon si j’ai choisi de débuter mon road-trip à Tenerife par Los Cristianos, ce n’est pas pour ses merveilles architecturales, mais pour glander à la plage, faire du surf et aller voir les dauphins !

Petit arrêt dans un restaurant surplombant le Playa de las Vistas. Une très bonne surprise ! Que du fait-maison et des fruits frais, avec entre autres un smoothie à tomber par terre ! 500ml pour 4,75€ (et pas noyé dans les glaçons !).

Puis direction la plage pour un peu de lecture avant le départ pour l’excursion en mer. Il est 13h et il n’y a personne sur la plage. Je peux donc lire tranquillement, sans être dérangée.

15h… Départ de l’excursion en mer. Le bateau arrive. Je suis agréablement surprise de voir qu’il s’agit d’un ancien voilier, et non un de ces bateaux en « plastique » pour touristes, mais un peu déçue quand je comprends qu’il a été motorisé. L’excursion perd un tout petit peu de son charme. Mais bon, ce n’est pas grave. Ce n’est pas comme si on m’avait vendu un voilier Je ne m’attendais pas à avoir un voilier en bois, mais un bateau « plastique ».


Bref, c’est parti pour deux heures de balade en mer ! On va aller voir les dauphins ! Je sais, on dirait une gamine ! D’ailleurs, je tombe sur un jeune couple de Français et leur petite fille de 4-5 ans. Le père ne cesse de lui répéter de ne pas s’approcher du bord, car si elle tombe, les baleines l’avaleront. Et elle qui réponde : « Comme le papa de Nemo ? » À ce moment-là, un drame de mon enfance se rejouait dans ma tête : « Mais pourquoi Monstruum a-t-elle avalé Gepetto ? Comment Pinocchio va-t-il faire sans son papa ? » Ok, j’exagère un peu, beaucoup même. Mais la référence m’a faite sourire…

Revenons-en à ma balade en mer. Assise à l’avant du bateau, appareil photo en main, GoPro prête à être dégainée, je scrute l’horizon à la recherche du moindre signe indiquant la présence de dauphins. Au bout d’une heure, nous faisons demi-tour et là, je me dis que c’est foutu. Je suis un peu déçue de ne pas avoir vu de dauphins, mais au moins la balade aura été agréable.

Sauf que… on finit par les voir ! Enfin, ce sont des orques que l’on voit, et non des dauphins… Tu me diras, ils sont de la même famille. L’équipage fait durer un peu plus longtemps la virée en mer pour que nous puissions profiter de ces orques que nous avons tant eu de mal à trouver ! Comme je le disais sur Instagram, pour ceux qui me suivent, je préfère observer les animaux dans leur habitat naturel plutôt qu’en captivité, où ils sont dressés à amuser la galerie… en espérant tout de même que ce genre d’excursion en mer ne les dérange pas trop… Fin de la parenthèse Brigitte Bardot !


Avant de rentrer à l’auberge, je profite encore et toujours des derniers rayons de soleil… Aussi petit arrête obligé à la pharmacie pour acheter des boules quiès… Hors de question que l’autre ronfleur me pourrisse à nouveau ma nuit ! J’ai besoin de dormir moi… Je veux être en forme pour surfer !

Fin de cette première journée sur l’île de Tenerife…

Mardi 15 Novembre : Jour 2 à Tenerife – Los Cristianos

Couchée avec les poules la veille, je me réveille aux aurores, avant même le lever du soleil. Etant seule, je ne prends aucun plaisir à traîner le soir, d’autant plus quand la seule distraction est d’aller boire dans des bars diffusant de la musique beaucoup trop forte. Moi, une petite mamie ? Oui, et alors ?! Je préfère vivre le jour et dormir la nuit ! D’autant plus que je suis venue à Tenerife et à Los Cristianos en particulier, pour profiter du soleil et de la mer ! Pas pour rester toute la journée à dormir à l’auberge de jeunesse !

Sans compter que tu n’imagines pas à quel point c’est génial que de découvrir la ville quand tous ses habitants, et en particulier les touristes, sont encore endormis… Tout est calme, tout est paisible…

De nouveau donc, je prends mon petit-déjeuner sur la terrasse de l’auberge, seule face à la baie de Los Cristianos, sous les lueurs d’un lever de soleil rougeoyant. Je prends mon temps, car je sais que le reste de la journée va être très active… En effet, aujourd’hui, j’ai ma leçon de surf puis un bus à prendre à 15h.

9h.. Mon sac est prêt et déposé à la réception de l’auberge. Je me mets en route vers El Cabezo Grande, une petite plage juste après la Playa de las Vista. Je profite des deux kilomètres qui nous séparent pour mitrailler la baie de photos. 10h… J’arrive à la « Vans Surf School ». Mon professeur particulier n’est pas encore arrivé. Je m’installe, me tartine d’écran total et file faire une heure de paddle. En effet, l’utilisation de la planche faisait partie du « package ».

11h… José est arrivé. Il a vraiment une dégaine de surfeur : grand, blond, bronzé, tatoué… Un peu Brice de Nice mais en version améliorée ! Avec un humour nettement moins lourd entre autre 😉 Mais tu vois le cliché ?

On me refile ma combinaison et une paire de « chaussons » pour aller dans l’eau. À première vue, je n’en vois pas vraiment l’utilité, surtout qu’il fait déjà particulièrement chaud. Mais en m’approchant de la baie où nous allons surfer, je comprends mieux ! C’est plein de rochers ! Et d’après José, l’eau serait froide… Pas vraiment convaincue par ce dernier argument, surtout que je venais justement de faire une heure de paddle agrémentée de quelques moments de baignade (volontaire !), dans cette même eau. Mais bon, si le prof le dit…

Après 30 minutes d’explications techniques, il est temps d’aller affronter les vagues, ma GoPro accrochée au poignet ! Ba oui, je voulais te filmer mes gamelles exploits…

Les vagues sont plus grosses qu’à Rio, il m’est plus difficile de me lever sur la planche. Mais en contrepartie, elles se cassent beaucoup moins rapidement, ce qui augmente le temps de glisse. Tout se passe bien jusqu’au moment où une vague plus grosse que les autres emporte ma GoPro. Je te laisse imaginer le moment de panique ! Sauf que j’avais un super prof avec moi. Ni une ni deux, il enfile ses palmes et son masque, et retrouve ma caméra.

Quel soulagement ! Pour peu, je l’aurais embrassé ! Mais comme mon papa (et ma maman !) m’a bien élevé, je le remercie « juste ». Remise de mes émotions, nous retournons surfer. Enfin surfer est un bien grand mot dans mon cas. J’ai plutôt fais du « laying-surf » et du « keeling-surf », que du surf… En gros, je n’appelle pas ça surfer, j’appelle ça tomber avec panache ! Give me five si tu trouves la référence !

Bref, il est bientôt 14h, et mon cours aura duré 3 heures au lieu de 2… Il est temps pour moi de récupérer les photos qui ont été faites pendant la séance et de dire au revoir à la Vans Surf School. Je m’achète quelque chose de rapide à manger, fonce à l’auberge récupérer mon sac, et cours à la station de bus.

Il est 15h et mon périple pour Buenavista del Norte commence à peine.

Un premier bus m’amène jusqu’à Santa Cruz de Tenerife… Une petite heure à observer la côté Est de Tenerife, une terre plutôt aride et désertique. On sent bien l’influence des vents chauds du Sahara marocain.

Arrivée dans la capitale de Tenerife, je change de bus et m’en vais pour Icod de los Vinos… Oui, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? À l’heure où je suis partie de Los Cristianos, il n’y avait pas de bus direct pour Buenavista del Norte. Les deux villes étant toutes les deux situées à l’Ouest, l’une au Sud, l’autre au Nord, un trajet direct m’aurait pris une heure en voiture, une heure et demie en bus…

Bref, retournons à ce trajet dans le 2ème bus… Nous avons beaucoup de mal à nous sortir du trafic entre Santa Cruz de Tenerife et La Laguna, mais une fois fait, je peux découvrir la beauté du versant Nord de l’île. Les maisons sont très colorées, la végétation est abondante, des champs de bananiers et d’aloé vera s’étendent à perte de vue…

J’arrive enfin à Icod de los Vinos où je prends un 3ème et dernier bus. Il est 18h. Déjà 3h de trajet, je commence à en avoir plein les jambes. Le jour se couche petit à petit, et les couleurs sont absolument magnifiques. Alors même si le trajet est long, j’en profite pour en prendre plein les yeux…

18h30… Me voilà arrivée à Buenavista del Norte. Je récupère mon sac et appelle le propriétaire de l’auberge où j’ai réservé pour la nuit pour lui dire que je suis en ville et que j’arrive. Comment ça, l’auberge n’est pas à Buenavista, mais à Las Portelas, à 8km dans les montagnes ? Pourtant sur le mail de confirmation de la réservation, c’était bien marqué Buenavista ! Je commence à me dire que jamais je n’arriverais à atteindre cette foutue auberge !

Le propriétaire me donne des consignes pour venir en bus. Et me voilà à attendre 19h30 pour prendre un 4ème et dernier bus ! J’en profite pour organiser ma journée du lendemain à Masca, à savoir quel bus prendre et à quelle heure…

Bref, 19h45, me voilà à Las Portelas. Plus que 800 mètres à parcourir et je serais arrivée à l’auberge… Sauf que ces 800 mètres représentent une magnifique côte ! Je te laisse imaginer l’état de mes mollets à l’arrivée… 800 mètres à parcourir en montée, avec mon gros sac à dos (soit 12 kg de bagage), mais surtout dans le noir ! Et oui, pas d’éclairage public sur une bonne partie de la rue. Or, il fait nuit noire à Tenerife à 19h… N’oublions pas que malgré le soleil et la chaleur, nous sommes en novembre…

Bref, c’est parti pour 10 minutes de flipette, à ma maudire de m’être si mal organisée sur ce coup-là ! Puis miracle, l’auberge apparaît seule face au parc national El Teno… Mais j’avoue que je prends à peine le temps de regarder. Je n’ai qu’une envie, c’est d’aller me coucher.

Mercredi 16 Novembre : Jour 3 à Tenerife – Masca

5h… Le réveil sonne. Je file prendre une douche et me préparer. Je dois être à l’arrêt de bus à 6h30 au plus tard. Afin d’avoir le temps de ranger toutes mes affaires, j’ai préféré me lever un tout petit peu plus tôt. En même temps, m’étant couchée à 20h30 la veille, ce ne fut pas bien difficile…

Comme prévu, à 6h30, je suis à l’arrêt de bus, parée pour ma journée à Masca. Le bus arrive 10 minutes plus tard. C’est parti pour 20 minutes de trajet. Quand je vois la route, je suis bien contente d’être en bus et non d’avoir loué une voiture… Ok, je suis dépendante des horaires, mais au moins, j’ai l’esprit tranquille face à la route. Je n’aurais absolument pas été à l’aise face à ces routes étroites et sinueuses de la montagne. Bien que cela fasse 6 ans que j’ai mon permis, je n’ai pas assez d’expérience. Les bus, c’est un peu plus compliqué au niveau de l’organisation et un peu moins de liberté, mais au mois, je ne serais pas responsable d’un accident, dans un des ces foutus virages en épingle !

Il est 7h quand j’arrive à Masca, un village perché dans les hauteurs de Tenerife. Le jour n’est pas encore levé. Je suis assez surprise par l’air déjà bien chaud. Puis je réalise que nous sommes maintenant sur le versant Sud de Tenerife, exposé au souffle chaud du Sahara. Quelque chose me dit que je vais regretter mon jean. Je m’installe sur la place centrale du village avec mon livre en attendant que le jour se lève. Dès que je vois un habitant déjà réveillé, je l’interroge sur le ravin de Masca, pas trop rassurée d’y aller seule.

8h… Il est grand temps d’aller affronter ce ravin et d’aller voir la plage de Masca ! Armée de mon appareil photo, de ma GoPro et de mes chaussures de marche, j’entame la descente…

Que dire de cette randonnée ? Déjà, ce n’est pas une randonnée, mais un trek. Tu es à flan de la falaise, tu passes d’un côté puis de l’autre, il t’arrive d’avoir à escaler quelques rochers… Le vertige sera ton pire ennemi. Mais cela en vaut vraiment la chandelle ! Les paysages sont justes à couper le souffle ! Tu te sens minuscule une fois arrivée au fond du ravin. Chaque bruit résonne. Y aller tôt le matin te permet de préserver la tranquillité des lieux.

C’est juste magique. Je suis seule face à ce ravin. Et mon esprit s’apaise enfin. Mon cerveau ne tourne plus à 200 km/h. La seule chose sur laquelle je me focalise, c’est de regarder où je mets les pieds. Et quand je lève le nez, c’est pour m’émerveiller devant la nature et tenter pendre en photo sa beauté. Je continue ma descente, pierre après pierre, vers la plage.

Et au détour d’un rocher, l’odeur salée de la mer me prend au nez. J’y suis arrivée. C’est beau, c’est calme. Pas un touriste pour venir troubler le silence. Je m’assieds face à la mer et contemple les vagues s’écrasant avec force sur les rochers. Il est à peine 10h.


Une petite collation, et il est temps de remonter vers Masca. Un bon déjeuner m’attend là-haut. Plusieurs fois, je m’étais dit pendant la descente que j’allais rigoler (entendre par-là galérer) pour remonter. Et en effet, je ne m’étais pas trompée ! C’est rude pour les cuisses, mais pour les bras aussi ! Je dois souvent pousser, tirer tout en gardant mon équilibre. Finalement, ce trek permet de faire travailler à la fois sa proprioception, sa coordination et ses muscles profonds.

Au fur et à mesure de ma remontée,, je croise de plus en plus de touristes qui descendent. Finalement, je suis bien contente d’être partie tôt ce matin… Mais surtout je croise un certain nombre de phénomènes : le gars qui porte des nu-pieds, l’autre des mocassins, celui qui n’a pas peur d’abîmer sa chemine Ralph Lauren, celle avec un short si court qu’on aurait dit un string, mais surtout des parents avec des enfants en bas âge, dont un en portage ventral sur la mère ! Non mais sérieux quoi ! Viens à tomber, et ton enfant de moins d’un an va prendre sacrément cher !

Clairement, le ravin de Masca n’est pas une petite balade de santé ! Les enfants (et les pas doués pas stables sur leurs pieds) n’y ont pas leur place. Il faut un minimum de condition physique, ainsi que de bonnes chaussures de marche !

Au bout de deux heures, j’en suis aux deux tiers de la remontée. Le plus dur s’annonce, avec un dénivelé qui s’accentue fortement. Les cuisses et les fesses commencent à fatiguer. C’est vraiment à partir de ce moment-là que je commence à produire un réel effort physique. Je m’arrête de plus en plus souvent pour reprendre mon souffle et admirer la vue que m’offre cette ascension. Le soleil atteint enfin l’intérieur du ravin et je commence à avoir très chaud avec mon jean…

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Puis j’aperçois enfin le village de Masca. Tant mieux parce que j’ai fini toutes mes réserves d’eau. C’est fou ce que j’ai chaud ! Maintenant, je regrette tellement mon jean ! Il m’a pourtant été si pratique lors de la descente quand il m’a fallu faire du toboggan sur les roches bien trop lisses…

Je dois avouer que je commence un peu à fatiguer. Et là, je me dis qu’à côté de ça, le marathon de Paris, ce sera « fingers in the nose » ! Pendant que je continue à mettre un pied devant l’autre, j’essaie d’évaluer la distance que j’ai parcourue et le dénivelé que j’ai avalé. Parce que oui, je ne suis partie qu’avec pour seule indication un temps approximatif pour faire ce trek : 3 heures.

Je ne lâche pas mon objectif du regard, à savoir le restaurant où un bon déjeuner m’attend. Je reconnais finalement l’escalier du départ. Plus que quelques marches et j’aurais vaincu le ravin de Masca ! Et j’aurais terminé mon premier trek à Tenerife ! Mais qu’est-ce qu’elles sont hautes ces foutues marches ! Mes mollets crient grâce ! Cependant, je ne m’arrête pas ! Ba oui, j’a faim et la faim chez moi, c’est la meilleure source de motivation.

Je crois un couple de retraités allemands qui me demande si tout du long c’est comme « ça ». Je leur réponds que parfois c’est pire, en ayant en tête les passages au flan de la falaise à 50 centimètres du vide, sans barrière forcément. Quand je dis qu’il ne faut pas avoir le vertige et qu’il faut être sûr sur ces pieds ! Je crois que je les ai inquiétés, les pauvres. Mais ils continuent la descente, quand moi, il ne me reste plus qu’une vingtaine de marches.

Une marche, deux marches, trois marches, dix marches, quinze marches, vingt marches, trente marches… Ah tiens, il y en a un peu plus que ce que je pensais. Mais putain ! Je l’ai fait ! Quel sentiment de satisfaction et de fierté quand je me retourne pour voir tout ce que j’ai accompli ce matin ! Quand je me suis aventurée dans le ravin de Masca le matin-même, je ne pensais pas vivre une telle expérience. Seule face à moi-même et à la nature. Ok ce ne fut « qu’un » trek de cinq heures (deux heures pour descendre, trois pour remonter), mais ce fut vraiment indescriptiblement intense ! Pour la première fois depuis longtemps, je ne me suis concentrée que sur une seule chose : profiter de l’instant présent. J’ai rangé au placard toutes mes interrogations et mes inquiétudes concernant l’avenir, j’ai mis en pause toutes mes ébauches de projets et j’ai savouré… Quel bien fou !

Puis mon estomac me ramène à la réalité. J’ai faim ! Ni une ni deux, me voilà attablée à la terrasse d’un restaurant qui me faisait de l’œil précédemment à déguster une délicieuse pizza… Je l’ai bien méritée ! Mon regard se perd une dernière fois sur le ravin de Masca. Puis il est temps de rentrer à l’auberge prendre mes affaires et partir pour La Orotava…

Ce n’est que le lendemain que je me suis renseignée plus en détails sur le ravin de Masca : du village à la plage, il y a 4 km et 580 mètres de dénivelé.

Il est 18h quand j’arrive à La Orotava, où je vais passer trois jours. Sauf que, à court de crédit, je n’ai plus accès à Internet via mon téléphone, et donc à mes mails. En particulier, à celui regroupant toutes les informations de ma réservation du jour… Ba oui, la bécasse que je suis garde tout sur son téléphone et n’a rien noté, au cas où…

Sauf que là encore, la chance me sourit en la personne d’un vieil homme, qui me voyant perdue, m’aide à trouver une boutique me laissant son accès à Internet. Je retrouve donc le mail en question et avec lui, l’adresse de l’auberge. La gérante de la boutique m’amène jusque dans la bonne rue. Cinq minutes plus tard, me voilà devant l’auberge. Je constate de suite que c’est beaucoup moins « professionnel » que les précédentes auberges de jeunesse que j’ai pu visiter jusqu’à présent. Mais l’ambiance y est beaucoup plus familiale. Je sens que je vais m’y plaire !

Je discute avec les propriétaires et les autres « locataires, un jeune couple d’Allemands avec leur petit garçon. Puis, sans trop traîner, je prends une douche et pars me coucher. Mine de rien, Masca m’aura épuisée !

Retrouve les autres parties de mon road trip à Tenerife :

Carnet de Tenerife Part 2 : Puerto de la Cruz & La Orotava

Carnet de Tenerife Part 3 : Monts Anaga & El Médano

 

6 thoughts on “Carnet de Tenerife : Los Cristianos & Masca”

  1. Ce pavé x)
    Tes photos sont top ! D’ailleurs je pense que j’aurai plus aimé l’intérieur des terres, et le trek, que le bord de plage 🙂 y’a une sorte de clivage tourisme balnéaire / nature-rando dans ma tête ^^
    Non mais ton prof est un mix entre Brice de Nice et Camille Lacourt !!! ahahah ! Incroyable !!!!
    En tout cas chapeau d’être partie toute seule.

    1. Merci 😉 La suite de mes aventures devraient te plaire si tu as préféré Masca à Los Cristianos… Je reconnais que Los Cristianos, c’est bien quand tu arrives et que tu n’as qu’une seule envie, c’est de glaner à la plage 😉

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