Et le voici !! Le compte-rendu tant attendu de mon semi-marathon… La course a eu lieu samedi soir et je ne suis toujours pas redescendue de mon nuage !! L’organisation était au top que ce soient les bénévoles ou les ravitaillements, le public était au rendez-vous et surtout, la météo clémente (ce qui n’était pas gagné !).

 

Attention ! Installez-vous confortablement et prenez votre tasse de café (ou de thé) parce que cet article va être long !!! Je ne parlerais pas seulement de la course en elle-même, mais aussi de toute la préparation qu’elle a nécessitée. Parce que j’ai beaucoup à dire sur ce semi-marathon !!!

 

Le début de l’aventure

Nous sommes en septembre 2015, je m’inscrits à la salle de sport. Je savais que j’avais besoin de faire du renforcement musculaire pour m’améliorer en course à pied car depuis mon semi-marathon à Prague (fin mars 2015), je stagnais, autant en vitesse qu’en distance. J’avais envie de franchir ce palier et je me fixe l’objectif de courir à nouveau un semi-marathon fin mars-début avril. Au début, je pense courir le semi-marathon de Blagnac le 13 mars.

L’automne passe et on discute de tout ça avec les copines du #DubndiduCrew de Toulouse, qui me dise que le semi-marathon de Blagnac n’est pas très motivant, avec ses deux boucles de 10km, même s’il est roulant. Puis je cherche la liste des semis et je tombe sur celui de Bordeaux. Là, je me suis dit que le faire, ce serait prendre une chouette revanche sur la période prépa… Début janvier, je suis inscrite… Plus tard, je serais contactée par TomTom qui me proposera un dossard et de faire partie de leur équipe. Je donnerais le dossard supplémentaire à mon parrain qui m’accompagnera sur la course…

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La préparation

En janvier, je fais la prépa de la préparation, histoire de commencer à faire chauffer les jambes en douceur (et surtout parce qu’en novembre, j’ai des périostites et je voulais vérifier que tout allait bien de ce côté-là).

Début février, je commence mon plan d’entraînement sur 10 semaines, fortement inspiré du plan d’entraînement « courir un semi en 2h » de Kalenji. J’ai choisi de prendre 10 semaines tout simplement parce que je savais que mes partiels (les derniers !!) tomberaient la dernière semaine de mars.

Les quatre premières semaines se passent très bien, je suis le programme à la lettre : 3 à 4 séances de course à pied, mêlant fractionnés et endurance ; 2 à 3 séances de musculation ; et une séance de stretching par semaine. Le corps suit bien, je récupère facilement, les progrès sont là. Au final, je courrais 125km au mois de février, ce qui constitue un record pour moi !

Mars débute et je sens qu’après ces 4 semaines intenses physiquement, j’ai besoin d’un peu lever le pied pour mieux repartir après, sans compter le travail qui s’accumule à la fac. Mais malgré la fatigue et le manque de motivation, je maintiens ma sortie longue : 16,9km avec une copine le long des berges de la Garonne, sous un temps magnifique. Je dois avouer que cela fait du bien. Le lendemain matin, je me lève toute courbaturée… Je me dis que c’est dû à la sortie de la veille, mais c’est quand même bizarre parce que cela fait longtemps que je n’ai pas eu de courbatures à cause de la course à pied. Cela ne manque pas : je fais une grosse poussée de fièvre l’après-midi et ça dure toute la nuit. Rendez-vous pris chez le médecin le lendemain : syndrome grippal… Autant vous dire que j’ai passé une semaine de m**** à cause de la fièvre et de la fatigue, combinées à quelques épisodes vomitos… Mmm que du bonheur !  Au final, je ne rechausserais les baskets que deux semaines plus tard…

La reprise est très dure : je n’ai pas de jambes ni de souffle. Ces 3,5km sur tapis m’ont paru les plus longs de ma vie… Pendant deux semaines, je me force à courir très lentement pour retrouver un cardio à peu près correct. Parce que l’on ne va pas se mentir : 180bpm alors que tu cours à 7km/h, c’est franchement haut ! 56,3km sont courus au mois de Mars, avec une sortie longue à 12km durant laquelle j’en ai chié… Cela ne s’annonce pas très bien…

Avril continue sur la même lancée : les jambes sont lourdes et le souffle absent. Mon coeur balance entre continuer à m’entraîner pour retrouver ma forme d’avant-grippe ou au contraire, lever le pied pour me réserver pour le semi… Finalement, la semaine du semi, je ne ferais aucune sortie, principalement par manque de temps. Le Jour-J arrive et j’ai la nette impression que cette foutue grippe m’aura coupée dans mon élan. J’espère tout de même que cela va bien se passer.

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L’Arche d’Arrivée… Ce soir, je serais finisher du semi-marathon de Bordeaux et je franchirais la ligne d’arrivée la tête haute !


Le Jour-J

Levée à 6h30, je me prépare et prends le train pour Bordeaux à 9h. Et là, c’est le drame : j’arrive à 11h et il pleut des trombes d’eau !!! Je commence à prier pour la course, surtout que je n’ai pris qu’un short… Je file à l’auberge de jeunesse déposer ma valise puis part pour le village départ récupérer mon dossard. Organisation au top : absolument aucune attente ! Je pars à la recherche d’un petit restaurant proposant un bon plat de pâtes… Une fois le ventre rempli, je rentre à l’auberge pour me reposer et découvrir les goodies du pack runner : un super tee-shirt Brooks qui m’accompagnera sur la course, un buff aux couleurs du semi, un plan de la course, des publicités pour d’autres épreuves, un échantillon de baume du tigre (que je n’ai toujours pas testé d’ailleurs). Simple, mais efficace et de bon goût.

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Cinq heures sonnent. Je me prépare ma collation, qui consiste simplement en mon petit-déjeuner habituel qui me va parfaitement. Je m’habille. Je prépare mes bidons avec un gel énergétique dans chaque mélangé à de l’eau ainsi qu’une clif bar que je coince dans mon brassard. A priori je ne pense pas en avoir besoin, mais sait-on jamais. A 18h, je suis sur le village départ et j’essaie de retrouver mon parrain et sa femme. On se retrouve devant le SAS de départ des plus de 2h. Avant d’entrer, pause pipi obligée ! Les choses sérieuses vont enfin commencer (après 1000 mots d’articles, il serait temps 😉 ).

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Avec un peu de retard, le départ est donné. Il y a beaucoup de monde, c’est un peu compliqué de trouver un bon rythme. Le public est au rendez-vous : ça crie, ça encourage, ça tape dans les mains… Il en sera ainsi tout le long du parcours avec très peu de temps morts. Après un peu plus de 2km de course, on arrive au pont Chaban-Delma, la masse des coureurs commence à s’étirer. On a un peu plus de place pour courir. La traversée me casse un peu les jambes avec ce faux plat montant, mais je récupère rapidement une fois de l’autre côté. Je suis les pas de mon parrain, nous sommes à un peu plus de 9km/h. Les jambes vont bien, le souffle aussi. Je me concentre sur mon rythme pour essayer d’être la plus régulière possible.

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En plein effort après le pont Chaban Delmas… Mais pourquoi je ferme les yeux !

Au kilomètre 5, nous arrivons au premier ravitaillement. Derrière nous attend la traversée du pont de Pierre et c’est rude. Les deux kilomètres suivants sont rudes : la remontée du boulevard Victor Hugo est longue et me fatigue énormément les jambes. Je suis obligée de ralentir un peu pour récupérer et je passe à 8,5km/h. Puis on entame la remontée du Cours d’Albert. On zigzague dans les petites rues pour passer devant la mairie et le centre commercial de Mériadeck. La (courte) montée du kilomètre 8 continue de me casser encore un petit peu plus les jambes, mais je serre les dents et continue d’avancer. Je suis là pour courir un semi. Hors de question que j’abandonne à la première difficulté. A partir de là, on quitte les grands boulevards pour passer dans les petites rues. Les habitants nous applaudissent et nous encouragent depuis leurs fenêtres. Les enfants sont sur le bord de la route pour nous taper dans la main. Arrive le kilomètre 10, « allez Margaux, tu as fais le plus dur !!! »

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Au kilomètre 12, c’est le drame, enfin façon de parler. J’ai la digestion qui se fait et je suis prise d’une grosse envie d’aller au toilette… Je serre les dents et continue d’avancer en me disant que si je m’arrête pour marcher, j’atteindrais les toilettes moins rapidement. Mon parrain m’encourage : « dans la famille, on ne lâche rien ! Allez, courage ! ». Je le préviens tout de même au prochain ravitaillement, je dois absolument m’arrêter pour faire une pause WC. Les trois kilomètres suivants passent finalement assez rapidement tellement je suis concentrée sur mon objectif.

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Kilomètre 15, troisième poste de ravitaillement mais surtout toilettes disponibles. J’arrête ma montre le temps de faire ma petite affaire puis je repars, me sentant déjà mieux. Kilomètre 16, après une longue ligne droite, on fait demi-tour pour commencer à se rapprocher de l’arrivée. Kilomètre 18, on passe derrière la Place des Quinconces, on voit les premiers finishers, on entend le speaker et la foule qui acclament les arrivants. Mais, toi, tu as encore trois kilomètres à parcourir… Et bon dieu, que ces trois derniers kilomètres m’ont paru longs !!! On arrive place de l’Opéra et on entame une ligne droite de 500 mètres en faux plats montants. Là, je maudits l’organisation de toute mes forces, mais je serre les dents. Mon parrain continue de m’encourager à ne pas m’arrêter : « si tu as besoin, tu ralentis, mais tu ne marches pas !! On y est presque ! » Le faux plat s’arrête enfin, mais je sens que je n’ai plus de jus dans les jambes. J’ai encore ralentis, je suis à peine à 7km/h. J’ai l’impression de ne plus sentir mes jambes. A ce moment-là, je ne vois plus ce qui m’entoure, je suis concentrée sur mon objectif : la ligne d’arrivée. Au kilomètre 20, on se tape un dernier faux plat montant. Tant qu’à faire, un petit dernier pour la route ! Là, dans le public, deux jeunes scandent : « A l’arrivée, le pot de nutella !! » Cela me fait sourire et je continue à mettre un pied devant l’autre.

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Photo prise au 19 ou au 20ième kilomètre je pense

On passe le dernier virage et là, je la vois : la ligne d’arrivée, juste à 300 mètres. Je n’en peux plus, je veux finir cette course, je veux ma médaille. Alors j’accélère. J’ai la gorge nouée, j’ai l’impression que je vais me mettre à pleurer, je suis à deux doigts de finir un semi-marathon pour la deuxième fois, je suis en train de prendre ma revanche sur Bordeaux… Je finis sur une accélération à 12km/h. « Tu vois, tu en avais encore sous le pied » me lance mon parrain… Et on franchit la ligne d’arrivée, ensemble avec mon parrain. 2:37:33 à ma montre, 2:39:50 temps officiel. L’écart entre les deux correspond à ma pause WC ^^ Je fais certes un peu moins bien qu’au semi-marathon de Prague un an plus tôt, mais qu’importe. Je ne suis même pas déçue au final.

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Elle est belle ma médaille, hein ?

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Ce que je retiens de ce Semi-Marathon de Bordeaux 2016

Déjà, je ne me suis pas arrêtée pour marcher une seule fois ! Ce qui est une jolie victoire. A Prague, j’avais été obligée d’alterner marche et course sur près de 4 kilomètres avant d’arriver à me remettre plus ou moins dans le bain. De plus, tous ces faux plats montants montants m’ont littéralement cassé les jambes. A peine je me remettais du précédent que déjà, on devait en franchir un nouveau… De plus, je suis arrivée sur cette course beaucoup moins en forme à cause de la grippe. Je savais déjà que mon objectif initial des 2h20 ne serait pas atteint, tout simplement parce que les conditions n’étaient pas réunies. Je voulais juste faire une course qui me rende fière de moi. Et le pari est tenu. Je réussirais à faire moins de 2h20 une prochaine fois. Après tout, je n’ai que 23 ans, j’ai encore toute la vie devant moi pour progresser et porter de nouveau dossards.

Des leçons sont tout de même à tirer de cette course. Le dénivelé est vraiment mon gros point faible. Il va falloir que j’y travaille dessus, surtout si je prends le départ de la Course du Viaduc de Millau le 22 mai prochain (24km, 390m D+…). Je dois absolument améliorer mon cardio !!! Je tourne à 180/185bpm en moyenne… Il y a aussi du positif dans tout ça : absolument aucune douleur autre que musculaire à déclarer ! Pour rappel, j’avais fini le semi-marathon de Prague avec une « entorse de fatigue » et des douleurs qui me remontaient jusque dans la hanche… Pour finir, la récupération a été extrêmement rapide : à l’heure où cet article est publié, j’ai déjà rechaussé les baskets pour un run de récup : des jambes légères lourdes comme après un bon entraînement de musculation, mais sans plus. La sortie a été un régal ! Je pense que sur ce point, le fitness m’a beaucoup aidé.

 

Alors certes j’en ai chié sur le moment, mais je me sens déjà prête à galoper et aller au devant de nouveaux défis.

 

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