Comment porter de la couleur en hiver sans se tromper
En hiver, la couleur prend une dimension particulière : elle vient casser la grisaille extérieure et apporter un peu de lumière là où tout semble plus lourd et plus terne. Même discrète, elle peut transformer une tenue et changer la façon dont on se perçoit, en redonnant de la douceur et de l’élan dans une saison souvent exigeante. Oser la couleur en hiver, ce n’est pas chercher à attirer l’attention, mais se faire du bien, simplement.
Sommaire
L’hiver, je ne sais pas pour vous, mais j’ai longtemps eu l’impression que mon dressing entrait en hibernation. Quand les températures baissent et que les journées raccourcissent, on se réfugie facilement dans le noir, le gris ou le bleu marine. Des couleurs pratiques, rassurantes… mais aussi parfois un peu tristes. Et quand on manque déjà de confiance en soi, qu’on compose avec un corps qui change, des hormones capricieuses, un SOPK, un lipoedème ou simplement quelques complexes bien ancrés, le noir devient souvent une armure.
Pourtant, porter de la couleur en hiver n’a rien de superficiel. Ce n’est pas une question de mode ou de tendance, mais presque une façon de se faire du bien. Quand tout est gris dehors, éviter le noir en hiver peut réellement changer la manière dont on se regarde dans le miroir. Une tenue d’hiver colorée, même toute simple, peut apporter de la lumière, adoucir les traits, redonner un peu d’élan dans des périodes où l’on se sent parfois plus lourde, plus fatiguée, moins alignée avec soi-même.
On pense souvent que la couleur est compliquée, qu’elle attire l’attention sur ce qu’on préférerait cacher. Pourtant, il ne s’agit pas d’être extravagante ni de porter un arc-en-ciel. Il suffit parfois d’une seule pièce, bien choisie, pour transformer un look d’hiver sans noir et retrouver du plaisir à s’habiller. Et si on apprend à choisir ses couleurs — notamment grâce à la colorimétrie — on peut même découvrir celles qui illuminent le teint et mettent en valeur la silhouette, sans jamais se déguiser.
Parce que s’habiller, ce n’est pas seulement se couvrir : c’est aussi une manière douce de reprendre confiance, un pas après l’autre.
Pourquoi l’hiver est-il synonyme de noir, gris et bleu marine ?
Une habitude culturelle plus qu’une nécessité
Si on regarde autour de nous en hiver — dans la rue, au travail, sur les réseaux ou même dans les vitrines — une chose saute aux yeux : le noir, le gris et le bleu marine dominent largement. Comme si, dès que les températures chutent, notre dressing devait automatiquement devenir plus sobre, plus discret, presque invisible.
Cette association inconsciente entre hiver et neutralité est profondément ancrée. Comme si on nous avait appris que les couleurs étaient faites pour les beaux jours, que l’hiver appelait des teintes “sérieuses”, plus sages, plus faciles à porter.
Les marques de prêt-à-porter entretiennent aussi cette idée. Chaque année, les collections hivernales regorgent de manteaux sombres et de silhouettes très neutres. Résultat : même quand on aimerait porter de la couleur en hiver, on a parfois l’impression que ce n’est ni adapté, ni vraiment légitime. Pourtant, rien n’oblige une tenue d’hiver à être sombre pour être élégante ou pratique.
Le confort du noir : pratique mais pas toujours flatteur
Le noir, c’est souvent notre valeur refuge. Celui qu’on enfile les matins où l’on manque d’énergie, de temps ou de confiance. Il rassure, il structure, il donne l’impression de “camoufler” ce qu’on n’assume pas toujours. Quand on a des complexes, que le corps change ou que l’image qu’on a de soi est fragile, il devient presque un réflexe.
Il faut dire qu’il est facile à associer, qu’il va avec tout et qu’il demande peu de réflexion. Mais à force de s’y cacher, on oublie parfois qu’en hiver, le noir n’est pas toujours notre meilleur allié. Porté près du visage, il peut durcir les traits, accentuer les cernes ou la fatigue, et renforcer cette impression de teint terne que beaucoup ressentent pendant la saison froide.
Ce n’est pas une question de bannir le noir, mais de réaliser qu’il n’est pas la seule option possible pour se sentir à l’aise et “en sécurité” dans ses vêtements.
L’impact des couleurs sur l’humeur et l’allure
La couleur a un pouvoir que l’on sous-estime souvent, surtout en hiver. Même portée par petites touches, elle agit comme une source d’énergie visuelle. Elle capte la lumière, réveille une silhouette et donne immédiatement plus de relief à une tenue d’hiver.
Quand tout est gris dehors, une tenue colorée — ou simplement un détail coloré — peut réellement influencer l’humeur. Elle ne transforme pas une journée compliquée en journée parfaite, mais elle peut changer la façon dont on se perçoit, dont on se tient, dont on avance. Et contrairement à ce que l’on croit, porter de la couleur en hiver n’a rien d’excessif ou d’excentrique.
Bien choisie, une couleur attire le regard sans en faire trop. Elle apporte de la douceur, de la chaleur, et parfois même un petit supplément de confiance. Et quand on commence à comprendre quelles teintes nous mettent vraiment en valeur, notamment grâce à la colorimétrie, la couleur devient un véritable allié — autant pour l’allure que pour le moral.


Oser la couleur en hiver : par où commencer ?
Commencer par petites touches
Si tu n’as jamais vraiment porté de couleur en hiver, l’idée peut sembler presque inconfortable. Comme si elle te mettait un peu trop en lumière à un moment de l’année où tu aimerais plutôt te fondre dans le décor. Quand on manque de confiance, quand on ne se reconnaît pas toujours dans son corps, la discrétion devient un réflexe de protection.
C’est exactement pour ça que les petites touches sont si précieuses. Elles permettent d’oser sans se sentir exposée. Un foulard coloré glissé autour du cou, un bonnet dans une teinte un peu plus chaude, un sac qui tranche avec un manteau sombre… Ces éléments attirent le regard, mais pas sur toi directement : ils créent un point d’intérêt, une respiration dans la tenue.
Les chaussures jouent aussi un rôle clé. Porter une paire de bottes ou de cuissardes colorées, par exemple, permet d’introduire la couleur loin du visage, ce qui est souvent plus rassurant. C’est une façon très douce de tester, de voir comment tu te sens en mouvement, dans la vraie vie, pas seulement devant un miroir.
Et surtout, rappelle-toi qu’il n’y a aucune obligation de multiplier les couleurs. Une seule pièce forte suffit largement. Elle devient le fil conducteur de la tenue. Tout le reste peut rester simple, neutre, confortable. Cette approche te permet de garder le contrôle, de ne jamais te sentir déguisée, et de construire peu à peu une relation plus sereine avec la couleur.
Conseils pratiques pour intégrer la couleur progressivement :
- Commence par le bas si tu es plus timide : bottes, chaussures, chaussettes visibles.
- Ajoute la couleur près du visage si tu souhaites illuminer ton teint : écharpes, foulards, colliers ou boucles d’oreilles.
- Varie les textures : un accessoire en laine, en velours ou en cuir coloré peut apporter un effet “riche” et moins agressif qu’une couleur vive sur une matière synthétique.
L’objectif est de prendre confiance étape par étape : plus tu te sentiras à l’aise avec une pièce colorée, plus tu pourras expérimenter d’autres couleurs ou pièces fortes.
Choisir des couleurs qui réchauffent (et qui font du bien au moral)
En hiver, on n’a pas toujours envie de couleurs très vives, très franches. Et c’est normal. Le corps est souvent plus fatigué, l’énergie plus basse, le moral parfois en dents de scie. Certaines couleurs peuvent alors sembler trop agressives, presque en décalage avec ce que l’on ressent.
C’est pour ça que je parle souvent de couleurs qui réchauffent, plutôt que de couleurs qui “flashent”. Les rouges profonds, les bordeaux, les verts foncés, les bleus intenses ou les prunes ont cette capacité à apporter de la présence sans violence. Elles enveloppent plus qu’elles n’imposent. Elles donnent de la profondeur à une silhouette, sans jamais la rendre criarde.
Il y a aussi ces teintes de transition, que l’on sous-estime énormément : le beige lumineux, le camel chaud, l’écru. Elles sont précieuses quand on veut éviter le noir en hiver mais qu’on ne se sent pas prête pour une couleur très marquée. Elles apportent immédiatement plus de lumière, surtout près du visage, et créent une base idéale pour accueillir une pièce colorée plus affirmée.
Quelques suggestions de couleurs à porter cet hiver :
- Rouge profond ou bordeaux : des couleurs chaudes qui donnent du caractère, parfaites pour les bottes, manteaux ou pulls. Elles contrastent avec la grisaille hivernale tout en restant élégantes.
- Vert sapin ou vert émeraude : des teintes apaisantes, riches, qui s’associent facilement avec du noir, du camel ou du beige.
- Bleu cobalt : un bleu vif qui remplace le bleu marine classique, illuminant sans être flashy.
- Violet ou prune : des teintes moins conventionnelles mais ultra-féminines et sophistiquées, idéales pour un pull, une jupe ou un manteau.
- Beige lumineux, camel chaud : parfaites si tu veux éviter le noir sans t’exposer à une couleur trop intense. Ces teintes apportent de la douceur, réchauffent ton teint et servent de base parfaite pour intégrer un élément plus coloré.
Comment les combiner concrètement :
- Évite de mélanger plus de deux couleurs fortes dans une même tenue pour ne pas surcharger le look.
- Joue sur les contrastes : une couleur chaude avec une couleur neutre froide (ex : rouge + gris clair) fonctionne toujours bien.
- Harmonise tes accessoires : si tu as un manteau rouge, privilégie des chaussures ou un sac dans des tons neutres ou coordonnés pour éviter l’effet “arc-en-ciel”.
- Varie les textures pour apporter de la profondeur : velours, laine, cuir, maille… toutes les matières réagissent différemment avec la couleur et peuvent adoucir ou accentuer l’effet visuel.
En hiver, la couleur n’est pas seulement un choix esthétique : elle agit sur ton humeur et sur la perception que tu as de toi-même. Un pull vert sapin peut te donner de la force, un manteau bordeaux de la chaleur et du caractère. Les couleurs hivernales sont là pour t’aider à naviguer dans une saison souvent morose sans avoir besoin de faire un effort énorme.
Adapter la couleur à sa colorimétrie
On parle beaucoup de colorimétrie, de saisons, de catégories, de ce qui “va” ou ne “va pas”. Tout cela peut être intéressant et éclairant, et j’en parle plus en détail dans mon article « Comprendre la colorimétrie ». Mais aucune règle ne vaut ton ressenti.
La vraie question à te poser, ce n’est pas : est-ce que cette couleur est censée m’aller ?
C’est plutôt : comment je me sens quand je la porte ?
Quelques points à retenir :
- La colorimétrie classe les couleurs selon ton teint, la couleur de tes yeux et de tes cheveux. Certaines teintes te donnent bonne mine instantanément, d’autres semblent ternir ton visage.
- En hiver, quand la fatigue et la grisaille se lisent facilement sur ton visage, choisir les bonnes couleurs peut vraiment faire la différence.
- Tu n’es pas prisonnière de la théorie : la colorimétrie est un guide, pas une règle. L’important est de tester et d’observer ce qui te fait te sentir bien et confiante.
Certaines couleurs illuminent immédiatement le visage, même sans maquillage. D’autres donnent l’impression d’un teint plus terne, de traits plus tirés. Et parfois, une couleur “interdite” sur le papier peut te faire te sentir incroyablement bien, parce qu’elle correspond à ton énergie du moment.
Je t’invite vraiment à observer. À tester les couleurs près du visage, dans la lumière du jour. À voir comment tu te tiens quand tu les portes, si tu te regardes différemment dans une vitrine, si tu te sens un peu plus présente. La couleur n’est pas là pour te transformer ni pour te corriger. Elle est là pour t’accompagner, pour te soutenir dans des périodes où la confiance peut vaciller.
Petit à petit, en écoutant ce que chaque couleur te fait, tu construis un dressing plus conscient, plus aligné. Un dressing qui ne cherche pas à cacher ton corps, mais à dialoguer avec lui. Et c’est souvent à ce moment-là que la couleur cesse d’être intimidante pour devenir une vraie source de plaisir — même en plein hiver.
Un look d’hiver lumineux : quand une seule pièce change tout
Le point de départ : une tenue neutre comme toile de fond
Pour ce look, tout part volontairement d’une base très simple : une robe beige associée à un manteau beige. Rien de spectaculaire à première vue, et c’est justement ce qui fait sa force. Le beige est une alternative idéale au noir ou au gris en hiver. Il est doux, lumineux, élégant, et surtout beaucoup moins dur pour le teint. Là où le noir peut parfois accentuer la fatigue ou figer les traits, le beige apporte immédiatement plus de lumière au visage.
En hiver, cette couleur est souvent sous-estimée. On la pense fade, peu flatteuse ou trop “sage”, alors qu’en réalité, elle réchauffe la silhouette et donne une impression de clarté, même quand le ciel est gris. C’est une teinte qui fonctionne particulièrement bien quand on se sent un peu fatiguée, quand on a l’impression que son corps change ou qu’on manque de confiance. Elle adoucit, elle rassure, sans jamais être ennuyeuse.
Choisir une base neutre comme celle-ci a aussi un énorme avantage pratique : elle est facile à reproduire. Une robe beige, un manteau clair, un pull écru, un pantalon camel… Ce sont des pièces que beaucoup ont déjà dans leur dressing. Et surtout, cette base neutre permet d’oser une pièce forte sans surcharge. Tout l’équilibre du look repose sur ce contraste : une toile de fond simple, presque minimaliste, qui laisse toute la place à la couleur.
Les cuissardes rouges : oser la couleur sans en faire trop
C’est ici que le look prend toute sa dimension. Les cuissardes rouges viennent casser la neutralité de la tenue et lui donner du caractère. Le rouge est une couleur qui fonctionne particulièrement bien en hiver. C’est une teinte chaude, vibrante, qui contraste immédiatement avec la grisaille extérieure. Elle attire la lumière, capte le regard et symbolise l’énergie, l’assurance, la présence.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, porter du rouge ne signifie pas forcément en faire trop. Tout est une question de dosage. Ici, les cuissardes jouent le rôle de pièce statement : elles sont l’unique élément coloré du look. Le reste de la tenue étant volontairement sobre, le rouge peut s’exprimer pleinement sans jamais paraître excessif.
Les cuissardes ont aussi un intérêt morphologique souvent méconnu. Elles allongent visuellement la silhouette, surtout lorsqu’elles sont portées avec une paire de collants dans les mêmes tons. Elles structurent la tenue et attirent le regard vers le bas, ce qui équilibre l’ensemble. Et contrairement aux idées reçues, elles ne sont pas réservées à un seul type de morphologie. Il existe aujourd’hui de nombreuses options adaptées, notamment pour les mollets plus larges (j’en parle d’ailleurs plus en détail dans mon article dédié aux bottes pour mollets larges).
Avec cette seule pièce, la tenue change complètement de registre. Ce qui aurait pu être un look très sage devient immédiatement plus mode, plus affirmé, plus personnel. Le rouge apporte une vraie intention stylistique, sans effort supplémentaire.
Ce look comme exemple, pas comme modèle figé
L’objectif de ce look n’est pas que tu le copies à l’identique. L’idée n’est pas de te dire : “il faut absolument des cuissardes rouges”. Ce que j’aimerais surtout que tu retiennes, c’est le principe qui se cache derrière cette tenue :
- une base neutre et lumineuse,
- une seule pièce colorée forte qui donne le ton.
Ce principe est infiniment adaptable. Si le rouge n’est pas ta couleur, tu peux très bien imaginer des bottes vert sapin, bleu cobalt ou violet profond. Si tu préfères éviter les chaussures colorées, un manteau coloré porté sur une tenue beige ou écrue fonctionne tout aussi bien. Et si tu as envie d’y aller encore plus doucement, un sac, une écharpe ou un foulard coloré peuvent suffire à transformer ton look d’hiver.
L’essentiel est d’adapter cette logique à ton style, à ta morphologie et à ta colorimétrie. Certaines se sentiront plus à l’aise avec une couleur près du visage, d’autres préféreront la placer sur les chaussures ou les accessoires. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire, seulement celle qui te permet de te sentir bien, alignée, et un peu plus confiante.
Parce qu’au fond, oser la couleur en hiver, ce n’est pas une question de tendance. C’est une façon de te réapproprier ton image, de remettre de la lumière dans ton quotidien, et de te rappeler que même en hiver, tu as le droit de te sentir belle — à ta façon.
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Conclusion : Ose la couleur en hiver… et le reste de l’année !
Oser la couleur en hiver, ce n’est pas une révolution vestimentaire, ni une injonction à être différente à tout prix. C’est souvent quelque chose de beaucoup plus simple et plus intime que ça. C’est choisir, un matin d’hiver, de ne pas se cacher entièrement derrière le noir. C’est accepter de remettre un peu de lumière dans une saison qui en manque cruellement, dehors comme dedans.
Quand on compose avec un corps qui change, des hormones qui jouent aux montagnes russes, des complexes bien installés ou une confiance fragile, s’habiller peut parfois devenir une épreuve. Et pourtant, une couleur bien choisie — même discrète — peut changer la façon dont on se regarde, dont on se tient, dont on avance dans la journée. Pas parce qu’elle transforme le corps, mais parce qu’elle transforme le regard que l’on pose sur soi.
Il n’est pas question ici de suivre des règles strictes ni de se forcer à aimer ce qui ne nous ressemble pas. La couleur n’a pas besoin d’être criarde pour être puissante. Une écharpe, une paire de chaussures, un manteau un peu plus audacieux… parfois, une seule pièce suffit pour se sentir un peu plus alignée, un peu plus vivante, même en plein cœur de l’hiver.
Alors si tu devais retenir une chose, ce serait celle-ci : tu as le droit d’oser à ton rythme. La couleur n’est pas réservée aux beaux jours, ni aux silhouettes “parfaites”, ni aux personnes sûres d’elles. Elle est là pour t’accompagner, te soutenir et t’aider, doucement, à reprendre confiance. Même quand il fait gris. Même quand tu doutes. Et peut-être surtout à ce moment-là.
Prête à mettre de la couleur dans ta vie ?
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