FTP et puissance à vélo : ce que cela signifie et comment l’utiliser pour mieux t’entraîner
La FTP (Functional Threshold Power) correspond à la puissance moyenne maximale que tu peux maintenir pendant environ une heure sur ton vélo. Très utilisée en cyclisme et en triathlon, elle permet de mieux comprendre ses watts, gérer son effort et structurer son entraînement. Un repère utile pour progresser à vélo sans rouler toujours au hasard.
Sommaire
Quand j’ai commencé le vélo de route, je pensais qu’il suffisait de connaître deux ou trois bases pour être “à niveau”. Comprendre comment passer les vitesses, apprendre ce qu’était un braquet, essayer de maintenir une bonne cadence… c’était déjà beaucoup. Et honnêtement, j’étais plutôt fière d’avoir enfin compris tout ça.
Puis je me suis mise à entendre un nouveau mot partout : FTP.
Sur Strava, dans les discussions entre cyclistes, sur Zwift, dans les plans d’entraînement triathlon… impossible d’y échapper. Et à chaque fois, j’avais l’impression que tout le monde comprenait sauf moi.
« Ma FTP a augmenté. »
« Je travaille mes zones de puissance. »
« Je fais un test FTP la semaine prochaine. »
Et moi, intérieurement : pardon… quoi ?
Si toi aussi tu pratiques le triathlon ou le vélo de route sans viser un podium, mais simplement pour te sentir plus forte sur le vélo, grimper plus sereinement, mieux gérer tes sorties longues ou arrêter de subir les relances… cet article est pour toi.
Parce qu’on peut aimer progresser sans vouloir transformer chaque sortie en laboratoire de performance.
Et surtout, on peut apprendre le jargon du cyclisme sans avoir l’impression d’être “en retard” sur tout le monde.
Après mon précédent article sur la cadence, le braquet et la vélocité, j’avais envie de continuer à décoder ce vocabulaire qu’on entend souvent sans toujours oser demander ce qu’il signifie vraiment.
Aujourd’hui, on va donc parler de FTP vélo, de puissance à vélo, de watts, de zones d’entraînement, mais en version simple, concrète et sans prise de tête.
L’objectif n’est pas de devenir experte en entraînement cycliste ou de te convaincre d’acheter immédiatement un capteur de puissance hors de prix.
L’idée, c’est simplement de comprendre :
- ce qu’est la FTP en cyclisme
- pourquoi autant de cyclistes s’y intéressent
- comment mesurer sa FTP
- comment utiliser sa puissance vélo pour progresser
- et surtout si c’est réellement utile quand on roule pour le plaisir, le triathlon amateur ou les défis perso
Bref : comprendre ce que signifie la FTP vélo, sans jargon inutile… et voir comment cet indicateur peut t’aider à progresser plus sereinement sur le vélo.
Qu’est-ce que la FTP en cyclisme ?
Définition simple de la FTP
FTP signifie Functional Threshold Power, ou en français : puissance seuil fonctionnelle.
Dit comme ça, on dirait encore un terme inventé pour nous faire fuir.
Concrètement, la FTP correspond à :
la puissance moyenne maximale que tu peux maintenir pendant environ une heure sans exploser en plein vol.
En vélo, la puissance se mesure en watts grâce à un capteur de puissance ou un home trainer connecté.
Si ta FTP est de 180 watts, cela signifie qu’en théorie, tu peux maintenir un effort autour de 180 watts pendant environ 60 minutes.
Au-dessus ? Tu risques de te cramer rapidement.
En dessous ? Tu peux généralement tenir plus longtemps.
C’est un peu comme trouver ton “rythme limite” :
- suffisamment intense pour être difficile
- mais encore soutenable pendant un certain temps
Et c’est justement pour ça que la FTP en cyclisme est devenue un repère très utilisé dans les plans d’entraînement vélo et triathlon : elle permet de mieux calibrer l’effort.
Mais si tu es en train de te dire : « Très bien… mais moi je roule juste pour me faire plaisir et finir mes triathlons sans souffrir inutilement. »
Rassure-toi : comprendre sa FTP vélo peut aussi être utile sans devenir obsédée par les chiffres.
Pourquoi parle-t-on en watts ?
Pendant longtemps, beaucoup de cyclistes se fiaient uniquement à leur vitesse, leur fréquence cardiaque et leurs sensations (moi la première). Et ces indicateurs restent utiles.
Le problème avec la vitesse, c’est qu’elle dépend de beaucoup trop d’éléments extérieurs :
- le vent
- le dénivelé
- l’état de la route
- ton vélo
- ton niveau de fatigue
Tu peux rouler à 30 km/h sur du plat avec vent dans le dos… et galérer à 10 km/h dans une montée. La vitesse seule ne raconte donc pas vraiment ton effort.
C’est là que la puissance à vélo devient intéressante. Les watts mesurent ce que tu produis réellement comme effort, peu importe les conditions extérieures.
Par exemple :
- sur le plat → 180 watts
- dans une montée → 180 watts
- avec du vent → 180 watts
Ta vitesse change, mais ton effort réel reste mesurable.
C’est pour ça que beaucoup de cyclistes utilisent aujourd’hui un capteur de puissance vélo, Zwift ou un home trainer connecté pour suivre leurs watts.
Et non, cela ne veut pas dire qu’il faut absolument investir dans du matériel coûteux pour progresser.
Comprendre le concept est déjà une très bonne première étape.
FTP : à quoi correspond ce seuil ?
Le mot “seuil” revient souvent dans les discussions d’entraînement… et il peut sembler assez flou. En réalité, c’est assez parlant quand on le traduit dans la vraie vie.
Imagine une montée que tu connais bien.
Tu peux la grimper :
- tranquillement → tu pourrais discuter
- à un rythme soutenu → tu respires fort mais tu gères
- trop vite → au bout de quelques minutes, tu regrettes toutes tes décisions
La FTP correspond à cette zone intermédiaire :
un effort dur, stable, exigeant… mais encore tenable pendant environ une heure.
C’est souvent là que beaucoup de triathlètes et cyclistes amateurs apprennent à mieux gérer leur allure.
Parce qu’on a tendance à partir trop fort en montée, sur une course, sur un col, sur un segment Strava ou au début de la partie vélo sur triathlon… (et à le regretter très rapidement ensuite). Connaître sa puissance seuil fonctionnelle permet donc de mieux doser son effort et d’éviter le fameux : « Pourquoi j’ai voulu suivre ce groupe alors que je savais très bien que c’était une mauvaise idée ? »
Oui, expérience vécue.
Et c’est aussi ce qui rend la FTP vélo intéressante quand on cherche simplement à progresser intelligemment, prendre plus de plaisir sur le vélo… et arrêter de subir certaines sorties.
Pourquoi connaître sa FTP peut améliorer tes performances
Avant d’aller plus loin, petite précision importante : quand je parle de “performance”, je ne parle pas forcément de podium, de qualification pour un Ironman ou de moyenne à 35 km/h sur tes sorties du dimanche.
Pour beaucoup d’entre nous, “progresser” ressemble plutôt à ça :
- terminer une sortie longue sans finir complètement vidée
- mieux gérer un col pendant les vacances
- être plus régulière sur la partie vélo d’un triathlon
- arrêter d’exploser au bout de 20 kilomètres
- se sentir plus en confiance sur le vélo
Et franchement, c’est déjà énorme.
C’est exactement là que la FTP vélo peut devenir intéressante : non pas pour se comparer aux autres, mais pour mieux comprendre son propre niveau et rouler de façon plus intelligente.
Mieux gérer ses sorties longues
Si tu as déjà terminé une sortie longue avec cette sensation de jambes complètement vides au bout de deux heures alors que la sortie devait être “tranquille”… bienvenue au club.
Pendant longtemps, j’avais tendance à rouler “au feeling”. Parfois ça passait très bien. Parfois je partais trop vite sans m’en rendre compte.
Le problème, c’est qu’au début d’une sortie :
- on se sent fraîche
- les jambes tournent bien
- on a envie d’envoyer un peu
Et puis une heure plus tard : « Pourquoi ai-je pris cette décision ? »
Connaître ses zones de puissance vélo à partir de sa FTP permet de mieux gérer ce type de sortie.
Par exemple, sur une sortie endurance, tu sais à peu près quelle puissance maintenir, tu évites de te mettre dans le rouge trop tôt et tu gardes de l’énergie pour finir plus sereinement.
C’est particulièrement utile en triathlon longue distance où partir trop fort sur le vélo peut complètement ruiner la course à pied derrière. Et même sans objectif chrono, finir une sortie en ayant encore un peu de jus change clairement l’expérience.
Rouler plus intelligemment en montée
Les montées ont ce talent particulier pour réveiller notre ego. On voit quelqu’un accélérer… et soudain notre cerveau oublie tout bon sens. Personnellement, j’ai déjà explosé plus d’une fois en voulant suivre des cyclistes clairement plus forts que moi dans une montée.
Spoiler : ça finit rarement bien.
La puissance à vélo aide à rester lucide.
Au lieu de te focaliser sur la vitesse (qui chute forcément en montée, surtout la mienne…), les autres cyclistes et ton ego blessé, tu peux te concentrer sur ton effort réel.
Si tu connais ta FTP, tu sais plus facilement quand tu dépasses ton seuil et combien de temps tu peux tenir cet effort.
Résultat :
- tu montes plus régulièrement
- tu évites les grosses explosions
- tu récupères mieux ensuite
Et honnêtement, terminer une montée à ton rythme vaut largement mieux qu’exploser à mi-parcours et de finir à pied pour avoir voulu prouver quelque chose à des inconnus.
Éviter de s’entraîner trop fort ou trop doucement
C’est probablement ce point qui m’a le plus surprise. Je pensais que pour progresser en vélo, il fallait systématiquement rouler très fort. En réalité, beaucoup de cyclistes amateurs font souvent deux erreurs :
👉 Rouler trop fort lors des sorties faciles : Tu pars pour une sortie récupération… et finalement tu te retrouves à appuyer beaucoup trop. Résultat : tu accumules de la fatigue inutile.
👉 Rouler trop doucement lors des séances spécifiques : À l’inverse, quand il faut travailler certaines intensités (seuil, endurance active, intervalles), on peut parfois rester trop dans sa zone de confort. Résultat : la séance perd son intérêt.
Connaître sa FTP vélo aide à mieux structurer son entraînement puissance vélo.
Tu sais quand ralentir, maintenir ton endurance ou pousser davantage. Et ça évite le fameux “je roule toujours à la même allure peu importe la séance”.
Suivre ses progrès dans le temps
C’est aussi un indicateur intéressant pour voir ton évolution. Pas pour te juger. Pas pour te comparer à ton partenaire, tes amis cyclistes ou les watts affichés sur Instagram. Juste pour constater ton propre chemin.
Peut-être que :
- tu tiens plus longtemps certains efforts
- tes montées deviennent plus fluides
- ton test FTP vélo progresse légèrement
- tes sensations s’améliorent
Et parfois, ta FTP ne bouge pas énormément… mais ton endurance, ton aisance technique ou ta confiance sur le vélo progressent énormément.
Et ça compte tout autant.
Parce qu’au final, l’objectif n’est pas de devenir obsédée par un chiffre de puissance vélo. C’est simplement d’avoir des repères plus clairs pour profiter davantage de tes sorties et progresser sans te mettre une pression inutile.


Comment mesurer sa FTP ?
Le test FTP de 20 minutes
C’est probablement le test FTP le plus connu.
Le principe :
- bien s’échauffer pendant 15 à 20 minutes
- rouler ensuite 20 minutes à l’effort le plus élevé que tu peux maintenir de manière régulière
- récupérer
- regarder ta puissance moyenne sur ces 20 minutes
Ensuite, on applique cette formule : FTP ≈ 0.95 * {puissance moyenne sur 20 min}
Par exemple : si ta puissance moyenne sur 20 minutes est de 200 watts, ta FTP estimée sera d’environ 190 watts.
Pourquoi multiplier par 0,95 ? Parce qu’on considère qu’un effort de 20 minutes est légèrement plus intense qu’un effort soutenable sur une heure complète.
Ce test est populaire car il reste relativement accessible :
- faisable sur home trainer
- faisable en extérieur sur route régulière
- disponible sur de nombreuses plateformes comme Zwift
Le plus difficile ? Ne pas partir beaucoup trop vite pendant les premières minutes.
(Encore une compétence très utile en triathlon, d’ailleurs.)
Le test d’une heure
C’est la méthode la plus “pure” sur le papier. Le principe est très simple : tenir l’effort maximal soutenable pendant 60 minutes. La puissance moyenne obtenue correspond alors directement à ta FTP.
Sur le papier : simple.
Dans la réalité : franchement brutal.
Tenir une heure complète à intensité seuil demande :
- une bonne gestion de l’effort
- de l’expérience
- un mental solide
- une route adaptée ou un home trainer
Pour beaucoup de cyclistes amateurs, ce format est difficile à réaliser correctement. Personnellement, rien que l’idée me fatigue déjà un peu.
C’est pour ça qu’il est moins utilisé chez les débutantes ou chez celles qui cherchent simplement un indicateur pratique.
Le ramp test (Zwift / home trainer)
Si tu utilises Zwift ou un home trainer connecté, tu as probablement déjà vu passer ce format.
Le principe :
- tu commences à faible intensité
- la résistance augmente progressivement toutes les minutes
- tu continues jusqu’à ce que tes jambes disent clairement non
Le test s’arrête quand tu n’arrives plus à maintenir la puissance demandée. L’algorithme estime ensuite ta FTP.
Pourquoi ce format plaît autant ? Parce qu’il est :
- court
- simple
- très guidé
- moins intimidant psychologiquement
Tu suis juste les étapes. Pas besoin de gérer toi-même ton allure pendant 20 ou 60 minutes. En revanche, certaines personnes trouvent qu’il surestime ou sous-estime parfois leur vraie FTP selon leur profil.
Comme toujours : considère ce chiffre comme un repère, pas comme une vérité absolue.
Faut-il absolument un capteur de puissance ?
La réponse courte : non. Et c’est important de le rappeler. On peut très bien progresser en vélo ou en triathlon sans capteur de puissance à plusieurs centaines, voire milliers d’euros.
Tu peux aussi utiliser :
- ta fréquence cardiaque
- tes sensations
- ton allure habituelle
- un home trainer connecté ponctuellement
- des tests sur Zwift
Un capteur de puissance peut être intéressant si tu aimes les données, tu veux structurer davantage ton entraînement ou tu prépares un objectif spécifique et ambitieux. Mais il n’est absolument pas obligatoire pour devenir plus forte sur le vélo.
Je trouve important de le dire, parce qu’on peut vite avoir l’impression qu’il faut accumuler un compteur GPS, un home trainer dernier cri, un capteur de puissance, un abonnement Zwift et mille métriques incompréhensibles…
Alors qu’au fond, progresser repose souvent sur des bases beaucoup plus simples :
- rouler régulièrement
- apprendre à gérer son effort
- prendre confiance
- et continuer à pratiquer
Le matériel peut aider. Mais il ne remplacera jamais la régularité… ni le plaisir de rouler.
Comment interpréter ta FTP ?
FTP en watts
Le premier chiffre que tu obtiens correspond généralement à ta puissance moyenne en watts (160, 190 ou encore 220 watts). C’est déjà une donnée utile pour suivre ton évolution personnelle.
Si tu passes de 170 watts → 185 watts, c’est un progrès.
Même si ce chiffre peut paraître “petit” comparé à ce que tu vois chez certains cyclistes très entraînés. Le problème, c’est que les watts seuls ne prennent pas en compte un élément très important : ton poids.
Une personne de 55 kg et une personne de 85 kg peuvent produire le même nombre de watts… mais leurs performances en montée seront très différentes.
C’est là qu’intervient une autre donnée souvent utilisée en cyclisme et en triathlon : les watts par kilo.
FTP en watts/kg
Les watts/kg permettent de rapporter ta puissance à ton poids.
La formule est simple : Watts/kg = FTP/poids en kg
Exemple : si ta FTP est de 180 watts et que tu pèses 60 kg, 80 ÷ 60 = 3 watts/kg
Cette donnée est particulièrement utile en montée, sur les parcours vallonnés ou pour comparer des profils différents. Pourquoi ? Parce qu’en montée, le poids influence énormément la performance.
En revanche, sur le plat, l’aérodynamisme, la position, la technique et l’endurance jouent aussi énormément.
Encore une fois : cette donnée peut être utile… sans devenir une nouvelle obsession.
Et j’insiste volontairement là-dessus, parce que dans les sports d’endurance pratiqués par des femmes, la question du poids peut parfois devenir glissante.
L’objectif n’est absolument pas de chercher à perdre du poids pour “améliorer ses watts/kg”.
La priorité reste toujours :
- la santé
- l’énergie disponible
- le plaisir de pratiquer durablement
Tableau de niveaux (débutant à avancé)
Pour répondre à la question que tout le monde tape sur Google : « quelle est une bonne FTP vélo ?”, la réponse la plus honnête reste : ça dépend.
Mais pour te donner un repère très général en watts/kg chez les cyclistes amateurs :
| Niveau | FTP approximative |
|---|---|
| Débutante | moins de 2 W/kg |
| Intermédiaire | entre 2 et 3 W/kg |
| Confirmée | entre 3 et 4 W/kg |
| Très entraînée / compétitrice | 4 W/kg et plus |
Ces chiffres restent très approximatifs. Ils varient selon l’expérience, l’âge, le type de pratique, le terrain et les objectifs. Et surtout : ils ne mesurent pas tout.
Ils ne disent rien sur :
- ton aisance en descente
- ton mental
- ton endurance longue distance
- ta technique en groupe
- ta capacité à enchaîner vélo + course à pied en triathlon
- ton plaisir sur le vélo
Tu peux avoir une FTP “moyenne” sur le papier et être parfaitement capable de terminer de magnifiques défis sportifs. Et tu peux aussi avoir une très belle FTP… tout en détestant les longues sorties.
Bref : utilise ces chiffres comme des repères, jamais comme une étiquette.
Ton niveau ne se résume pas à un nombre affiché sur Garmin ou Zwift.
Comment augmenter sa FTP ?
Augmenter le volume d’endurance
Ce n’est pas la réponse la plus sexy. Mais c’est probablement l’une des plus efficaces.
Avant de vouloir faire des séances très complexes sur home trainer, beaucoup de cyclistes gagnent simplement à :
- rouler plus régulièrement
- allonger progressivement certaines sorties
- construire une vraie base d’endurance
Les sorties en zone 2 permettent notamment d’améliorer ton moteur aérobie, de mieux utiliser ton énergie, de tenir plus longtemps des efforts soutenus et de mieux récupérer entre les séances.
Et surtout, cette base sert absolument partout : sorties longues, cols, triathlon longue distance, week-ends bikepacking, défis personnels… C’est rarement spectaculaire sur Instagram.
Mais c’est redoutablement efficace sur le terrain.
Travailler le seuil
Si tu veux spécifiquement améliorer ta puissance seuil fonctionnelle, il faut aussi… travailler autour du seuil. Logique, finalement.
Les séances autour de 90 à 105% de ta FTP permettent d’apprendre à maintenir des efforts soutenus plus longtemps.
Exemples de séances :
- 2 x 10 minutes au seuil
- 3 x 12 minutes
- 2 x 20 minutes selon ton niveau
L’idée n’est pas de faire ce type de séance tous les jours. Une à deux séances spécifiques par semaine peuvent largement suffire selon ton volume global.
Et si tu débutes : commence simple. Pas besoin de copier les plans d’entraînement d’athlètes professionnels.
Bien récupérer
C’est probablement la partie la plus sous-estimée.
On adore parler d’intensité, de séances, de performance, de matériel… Mais beaucoup moins de sommeil, de récupération et de repos. Pourtant, c’est pendant la récupération que ton corps s’adapte réellement.
Sans récupération suffisante : fatigue chronique, stagnation, blessures, baisse de motivation
Les bases restent souvent les plus efficaces :
- dormir suffisamment
- manger correctement
- prévoir des journées plus légères
- écouter les signaux de fatigue
Et dans le triathlon, où on empile parfois natation + vélo + course à pied… c’est encore plus important.
Être régulière
Si je devais retenir une seule chose sur la progression à vélo, ce serait probablement celle-ci : La régularité bat souvent les gros blocs héroïques suivis de trois semaines sans rouler.
Faire 2 à 4 sorties régulières par semaine pendant plusieurs mois sera souvent plus efficace qu’une semaine ultra motivée puis plus rien. Et je trouve ce message particulièrement important quand on débute ou qu’on manque parfois de confiance.
On peut vite se dire :
« Je ne m’entraîne pas assez. »
« Je ne fais pas assez de kilomètres. »
« Je ne suis pas assez sérieuse. »
Alors qu’en réalité, chaque sortie compte. Chaque semaine cohérente construit quelque chose. Et progresser en puissance à vélo ne demande pas d’être parfaite.
Juste d’être suffisamment constante pour laisser le temps au corps de progresser.
Les erreurs fréquentes avec la FTP
Obsession du chiffre
Une fois qu’on connaît sa FTP, il peut être tentant de transformer ce chiffre en validation personnelle.
« Ma FTP n’a pas augmenté. »
« Pourquoi elle progresse plus vite que moi ? »
« Seulement 175 watts ?”
Et honnêtement… ce n’est pas très sain. Parce qu’une FTP peut évoluer selon la fatigue, le stress, le cycle hormonal, la charge d’entraînement, le sommeil, la période de l’année…
Un chiffre ne résume pas :
- ta progression globale
- ton plaisir
- ton mental
- ta régularité
- ton aisance sur le vélo
Tu peux être en meilleure forme globale avec une FTP identique. Tu peux avoir progressé techniquement. Tu peux mieux gérer tes longues distances.
Et ça compte énormément.
Tester trop souvent
Quand on aime les données, on peut vite vouloir refaire un test FTP tous les quinze jours.
Spoiler : c’est rarement une bonne idée.
Déjà parce qu’un test FTP reste exigeant. Ensuite parce que les adaptations physiologiques prennent du temps.
Tester trop souvent peut générer de la frustration, perturber ton entraînement et créer du stress inutile. En général, refaire un test toutes les 6 à 12 semaines (et encore) est largement suffisant selon ton niveau et tes objectifs. Personnellement, mon prochain test FTP sera en septembre après un été de cyclotourisme et de bike trips pour voir où j’en suis et préparer ma prochaine saison.
Et parfois, tes sensations sur le terrain te montrent déjà que tu progresses.
Par exemple :
- tu montes plus facilement
- tu tiens plus longtemps
- tu récupères mieux
Ce sont aussi d’excellents indicateurs.
Comparer sa FTP à celle des pros
Internet adore les comparaisons absurdes. Tu cherches « bonne FTP vélo femme » et cinq minutes plus tard tu tombes sur les chiffres de cyclistes professionnelles, des triathlètes élites et des forums remplis de gros watts. Et là tu te dis : « Je suis catastrophique. »
Non.
Tu es probablement simplement une personne normale avec une vie, des contraintes, un emploi du temps réel et des objectifs personnels qui ne sont pas de gagner le tour de france.
Comparer ta puissance à vélo à celle d’athlètes qui s’entraînent parfois plusieurs heures par jour n’a aucun sens. Et très honnêtement, beaucoup de chiffres affichés sur internet sont parfois sortis de leur contexte, exagérés et incomplets.
Reste centrée sur ton propre parcours. C’est déjà largement suffisant.
Oublier les sensations
C’est probablement l’erreur la plus importante.
La technologie peut être géniale :
- capteur de puissance
- home trainer
- Zwift
- Garmin
- tableaux de données
Mais ton corps reste une donnée essentielle. Si tes watts disent que tu dois tenir une certaine intensité… mais que tu es épuisée, que tu récupères mal, que tu es stressée ou que tu sens que les jambes ne répondent pas, il faut aussi savoir adapter.
Les sensations restent précieuses.
Savoir écouter sa fatigue, son énergie, son envie et ses limites du jour fait aussi partie de la progression. Et je trouve que c’est particulièrement important pour beaucoup de femmes sportives qui ont parfois tendance à vouloir être très disciplinées, très “bonnes élèves”, très rigoureuses.
Parfois, le meilleur entraînement du jour, c’est aussi de ralentir. Ou de raccourcir. Ou de simplement aller rouler pour le plaisir.
Parce qu’au final, la FTP doit rester un outil au service de ta pratique. Pas quelque chose qui te fait douter de ta légitimité à rouler.
FTP, cadence, braquet : comment tout relier ?
Et là, normalement, si tu as lu mon précédent article sur la cadence, le braquet et la vélocité, tu commences peut-être à te dire : « Attends… mais tout ça est lié en fait ?”
Oui.
Et c’est probablement ce qui m’a le plus aidée à vraiment comprendre le vélo de route.
Pendant longtemps, j’apprenais les notions séparément. Mais je ne voyais pas comment tout ça fonctionnait ensemble sur le vélo.
Et une fois que tu comprends le lien, beaucoup de choses deviennent plus logiques.
Le braquet : la résistance mécanique
Le braquet correspond au rapport entre le plateau à l’avant et le pignon à l’arrière. C’est ce qui détermine la difficulté mécanique de ton pédalage.
Un gros braquet demande plus de force, peut te faire rouler plus vite et devient difficile à emmener en montée. Un petit braquet demande moins de force, facilite les montées et permet de tourner les jambes plus facilement.
C’est un peu comme choisir le bon niveau de résistance.
Et on a toutes déjà vécu ce moment où on reste sur un braquet trop dur en montée par orgueil…avant de regretter très rapidement.
La cadence : la vitesse de rotation
La cadence correspond au nombre de tours de pédale par minute. Elle s’exprime en RPM (rotations par minute).
Par exemple :
- 60 RPM → cadence basse
- 80 à 95 RPM → cadence souvent plus confortable pour beaucoup de cyclistes
- plus de 100 RPM → cadence élevée
Certaines personnes aiment mouliner. D’autres préfèrent pousser plus gros. Et ça dépend aussi du terrain, de la fatigue, de ton expérience et de ta morphologie.
La cadence influence directement ta sensation d’effort.
La puissance : le résultat final produit
La puissance à vélo correspond au résultat final de ce que tu produis sur les pédales.
En simplifiant : Puissance = Force x Cadence
En version très concrète :
- si tu mets beaucoup de force sur les pédales avec une cadence faible → tu produis de la puissance
- si tu pédales plus vite avec moins de force → tu peux aussi produire de la puissance
- si tu combines les deux → l’effort devient beaucoup plus élevé
C’est pour ça que deux cyclistes peuvent produire la même puissance… avec des styles très différents. L’une peut pédaler vite avec un braquet plus souple. L’autre peut appuyer plus fort avec une cadence plus basse.
Et la FTP dans tout ça ?
La FTP, c’est finalement la puissance que tu peux maintenir pendant environ une heure. Elle vient donc se placer au-dessus de tout ce système.
Ton braquet influence ton effort. Ta cadence influence ton effort. Et la combinaison des deux produit une certaine puissance. Puis ta FTP te donne une idée de la puissance que tu peux tenir durablement.
C’est aussi pour ça qu’en triathlon ou en vélo longue distance, apprendre à jouer intelligemment avec ton braquet, ta cadence et ta puissance peut vraiment améliorer ton confort.
Par exemple dans une montée, mauvais braquet + cadence trop basse + puissance trop élevée = popcorn ! À l’inverse, avec un braquet adapté, une cadence plus fluide et une puissance maîtrisée, cela devient plus gérable. Bon, ça ne rend pas les cols faciles par magie.
Mais ça évite quand même pas mal d’erreurs.
Et si tu veux mieux comprendre la base mécanique avant d’aller plus loin sur la FTP, je t’invite vraiment à lire mon article sur la cadence, le braquet et la vélocité — les deux sujets sont beaucoup plus liés qu’on ne l’imagine au départ.
FAQ : Tout savoir sur la FTP
La réponse la plus honnête ?
Ça dépend. Je sais, c’est frustrant. Mais c’est vrai.
Une “bonne” FTP dépend de nombreux facteurs :
- ton expérience
- ton âge
- ton historique sportif
- ton poids
- ton type de pratique
- ton volume d’entraînement
Une triathlète débutante qui roule depuis 6 mois n’a absolument pas les mêmes repères qu’une cycliste qui s’entraîne depuis plusieurs années.
Et surtout : une bonne FTP, c’est avant tout une FTP qui te permet de progresser par rapport à toi-même.
Si aujourd’hui tu :
- montes plus sereinement
- termines tes sorties plus fraîche
- te sens plus forte sur ton vélo
…c’est déjà un excellent indicateur.
Ton niveau ne se résume pas à un chiffre de puissance sur ton vélo.
Oui. Très clairement. Et heureusement.
Pendant des années, les cyclistes ont progressé sans capteur de puissance, sans home trainer connecté et sans dashboards remplis de métriques.
Tu peux progresser avec :
- la fréquence cardiaque
- les sensations
- la régularité
- des parcours repères
- ton ressenti sur les montées
Un capteur de puissance vélo peut être utile si tu aimes analyser tes données ou structurer davantage ton entraînement. Mais il n’est pas obligatoire pour devenir plus forte.
Et honnêtement, si ton budget actuel va plutôt vers une bonne paire de cuissards, un entretien de ton vélo ou des frais d’inscription triathlon …c’est parfaitement ok aussi.
Les deux peuvent être utiles.
La puissance à vélo mesure ton effort instantané.
La fréquence cardiaque montre comment ton corps réagit à cet effort.
Exemple :
tu peux produire les mêmes watts :
- en étant fraîche
- en étant fatiguée
- en étant stressée
- sous forte chaleur
Et ton cœur, lui, peut réagir différemment selon le contexte.
La puissance est souvent plus précise pour structurer un entraînement.
La fréquence cardiaque reste très intéressante pour apprendre à mieux écouter ton corps.
Et si tu n’as pas de capteur de puissance ?
La fréquence cardiaque reste un très bon outil.
Pas toutes les semaines.
Pas tous les mois si ça te stresse.
En général, refaire un test FTP vélo toutes les 6 à 12 semaines (voire une fois par an) peut suffire si tu suis un entraînement structuré.
Tu peux aussi refaire un test :
- après une grosse période de progression
- avant une préparation spécifique
- après une longue coupure
Mais encore une fois : si l’idée du test te met une pression énorme, ce n’est pas obligatoire en permanence.
Parfois, tes progrès se voient aussi autrement :
- tu grimpes mieux
- tu récupères plus vite
- tu te sens plus confiante
- tu prends davantage de plaisir sur le vélo
Et franchement ?
Ces indicateurs-là méritent aussi toute ton attention.
Conclusion : la FTP est un outil, pas une obligation
Si je devais résumer tout cet article en une phrase, ce serait probablement celle-ci : la FTP n’est pas un passage obligatoire pour être une “vraie” cycliste ou une “bonne” triathlète.
Et j’ai envie d’insister là-dessus, parce qu’on peut vite avoir l’impression qu’il faut absolument maîtriser les watts, les zones de puissance, les tests FTP, les capteurs, tout le jargon du cyclisme …pour être légitime sur un vélo de route.
C’est faux.
Tu peux totalement rouler pour le plaisir, préparer un triathlon amateur, découvrir les longues distances, progresser à ton rythme sans tout optimiser.
L’objectif de cet article était simplement de rendre la FTP plus compréhensible.
Maintenant, tu sais :
- ce qu’est la puissance de seuil fonctionnelle
- comment mesurer ta FTP
- comment interpréter tes watts
- comment utiliser la puissance à vélo à l’entraînement
- et surtout comment éviter de te laisser enfermer par les chiffres
Si la puissance t’aide à mieux gérer tes efforts, à prendre confiance en montée ou à structurer un peu plus tes entraînements : génial.
Si tu préfères encore rouler aux sensations pendant un moment : c’est très bien aussi.
Le plus important reste toujours le même : prendre du plaisir sur le vélo, gagner en confiance et continuer à apprendre sans te mettre une pression inutile.
Parce qu’au fond, aucune donnée ne remplacera jamais cette sensation incroyable de te surprendre toi-même sur le vélo : grimper plus facilement qu’avant, terminer une sortie plus sereinement, ou simplement te dire : « waouh… il y a quelques mois, je pensais que je n’étais pas capable de faire ça. »
Et ça, aucun compteur ne peut vraiment le mesurer.
Connais-tu ta FTP ?
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