SOPK et transpiration : comprendre ce symptôme méconnu et mieux le vivre au quotidien
Avec le SOPK, la transpiration peut devenir très localisée, et chez moi, ce sont surtout les mains et les pieds qui sont concernés. Cette sudation excessive n’est pas anodine : elle peut être liée aux déséquilibres hormonaux, à la résistance à l’insuline et à une hyperactivation du système nerveux, fréquentes dans le SOPK. Même si ce symptôme reste peu reconnu, il peut avoir un impact réel sur le quotidien et mérite d’être pris en compte au même titre que les autres manifestations du SOPK.
Sommaire
Quand on parle du SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), on pense presque automatiquement aux règles irrégulières, à l’acné hormonale ou à la prise de poids. En revanche, il y a un symptôme dont on parle beaucoup moins, et qui peut pourtant peser lourd au quotidien : la transpiration excessive.
Transpirer sans raison apparente, avoir chaud plus vite que les autres, redouter les traces sous les bras ou craindre l’apparition de cette odeur acide malgré les douches et le déodorant… Il m’a fallu un moment avant de faire le lien entre ces sueurs abondantes et mon SOPK. Comme beaucoup, j’ai mis ça sur le compte du stress, de la fatigue ou d’un simple “terrain perso”. Jusqu’au jour où, en cherchant des réponses et en échangeant avec d’autres femmes concernées, le déclic s’est fait.
La transpiration liée au SOPK n’est pas un mythe. Elle peut être influencée par les déséquilibres hormonaux, l’hyperandrogénie, la résistance à l’insuline ou encore les variations du système nerveux. Pourtant, elle reste un symptôme peu connu du SOPK, rarement évoqué, parfois minimisé, alors qu’il peut être source d’inconfort, de gêne et de perte de confiance en soi.
Dans cet article, j’ai eu envie de mettre des mots sur ce que beaucoup vivent en silence : comprendre pourquoi on transpire davantage avec le SOPK, comment mieux gérer la transpiration au quotidien, adopter une routine d’hygiène adaptée, et savoir quand il est préférable de consulter si la situation devient difficile à vivre.
Si toi aussi tu t’es déjà demandé « est-ce normal de transpirer autant avec le SOPK ? », tu es au bon endroit 🤍
Pourquoi le SOPK peut augmenter la transpiration
Transpiration : définition et mécanismes
La transpiration est avant tout un mécanisme physiologique normal. Elle permet au corps de réguler sa température interne grâce aux glandes sudoripares, principalement lorsque la température corporelle augmente (chaleur, effort physique, fièvre) ou en réponse à certaines émotions.
Il existe deux grands types de glandes sudoripares :
- les glandes eccrines, présentes sur tout le corps, responsables de la transpiration liée à la chaleur ;
- les glandes apocrines, situées surtout sous les aisselles et dans les plis, sensibles aux hormones et aux émotions.
On parle de sudation normale lorsque la transpiration est proportionnelle à la situation (chaleur, sport, stress ponctuel). En revanche, la transpiration excessive — parfois qualifiée d’hyperhidrose — se manifeste lorsque l’on transpire plus que nécessaire, sans déclencheur évident, ou de manière disproportionnée.
Dans le cadre du SOPK, le problème n’est pas la transpiration en elle-même, mais le fait que les mécanismes qui la déclenchent sont souvent suractivés.
Déséquilibres hormonaux
Le SOPK est avant tout un désordre hormonal, et ce déséquilibre a un impact direct sur la transpiration.
L’excès d’androgènes (hormones dites “masculines”) est l’un des marqueurs les plus fréquents du SOPK. Ces hormones peuvent :
- stimuler les glandes sudoripares, en particulier les glandes apocrines ;
- rendre la transpiration plus abondante, plus rapide, parfois plus odorante.
À cela s’ajoute souvent une instabilité des hormones féminines, notamment un déséquilibre entre les œstrogènes et la progestérone. Lorsque la progestérone est insuffisante ou que les fluctuations hormonales sont importantes, le corps peut réagir comme s’il traversait de petites “crises thermiques” :
- sensation de chaleur soudaine,
- bouffées de chaleur,
- sueurs nocturnes, même en dehors de toute ménopause.
Ce sont des manifestations fréquentes chez certaines femmes avec SOPK, mais encore trop peu reconnues comme telles.
Insulino-résistance et métabolisme
Un autre pilier du SOPK, souvent sous-estimé, est la résistance à l’insuline. On estime qu’elle concerne une majorité de femmes atteintes de SOPK, même sans surpoids.
Concrètement, lorsque les cellules répondent mal à l’insuline :
- le corps produit davantage d’insuline pour compenser,
- la glycémie devient instable,
- et le système hormonal est mis sous tension.
Lorsqu’un pic de sucre sanguin survient (après un repas riche en sucres rapides, par exemple), le corps peut interpréter cela comme une forme de stress métabolique. Il libère alors des hormones comme l’adrénaline ou le cortisol, qui :
- accélèrent le rythme cardiaque,
- augmentent la température corporelle,
- déclenchent la transpiration, parfois brutalement.
Certaines femmes remarquent ainsi qu’elles transpirent davantage :
- après les repas,
- en cas de fringale ou d’hypoglycémie,
- ou lorsqu’elles sautent un repas.
La transpiration devient alors un signal indirect d’un métabolisme sous pression.
Stress, anxiété et thermorégulation
Le SOPK ne se limite pas à des symptômes physiques : il impacte aussi profondément le système nerveux. Entre les fluctuations hormonales, la fatigue chronique, les préoccupations liées au corps ou à la fertilité, le stress de fond est fréquent.
Or, le stress active le système nerveux sympathique, celui qui prépare le corps à réagir face à un danger. Cette activation entraîne :
- une libération accrue de cortisol,
- une augmentation de la température corporelle,
- une stimulation directe des glandes sudoripares.
Lorsque le stress devient chronique, la transpiration peut apparaître :
- sans raison apparente,
- au repos,
- ou dans des situations émotionnellement anodines.
Le corps reste en quelque sorte en mode alerte, et la thermorégulation devient moins efficace. Résultat : on transpire plus vite, plus fort, et parfois dans des situations où cela semble totalement disproportionné.
Conseils pratiques pour réduire la transpiration liée au SOPK
Quand la transpiration devient envahissante, on a souvent l’impression de tout essayer sans réel résultat. Avec le SOPK, il n’y a pas de solution unique, mais plutôt un ensemble d’ajustements qui, mis bout à bout, peuvent vraiment améliorer le confort au quotidien. L’idée n’est pas de “bloquer” son corps, mais de l’aider à se réguler.
Routine hygiène adaptée
La base, c’est une hygiène régulière mais respectueuse. Une douche quotidienne suffit dans la majorité des cas, mais certaines périodes (chaleur, cycles hormonaux, stress) peuvent nécessiter un rinçage supplémentaire, notamment le soir. Une douche tiède ou légèrement fraîche aide à faire redescendre la température corporelle et peut limiter les sueurs nocturnes.
Après la douche, le séchage est une étape clé, souvent négligée. Les zones très sudatives (aisselles, plis, sous-poitrine, aine) doivent être parfaitement sèches avant l’application de tout produit. L’humidité résiduelle favorise à la fois la transpiration et les irritations.
Côté produits, les antitranspirants peuvent être de vrais alliés lorsque la transpiration est marquée. Contrairement aux déodorants, ils agissent directement sur la production de sueur.
Les déodorants naturels peuvent aussi avoir leur place, en complément ou en alternance, notamment pour limiter les irritations ou lors des journées plus calmes. Ils n’empêchent pas de transpirer, mais aident à contrôler les odeurs et à respecter l’équilibre de la peau, ce qui est essentiel quand celle-ci est déjà fragilisée par le SOPK.


Vêtements à privilégier
Les vêtements jouent un rôle bien plus important qu’on ne le pense dans la gestion de la transpiration. Les matières respirantes comme le coton, le lin ou certaines fibres techniques permettent à la peau de respirer et à la chaleur de s’évacuer. À l’inverse, les tissus synthétiques non respirants peuvent accentuer la sensation d’humidité et d’inconfort.
Les vêtements trop serrés sont également à éviter, surtout au niveau des aisselles, du dos ou de la poitrine. Ils créent une accumulation de chaleur et de frottements, ce qui stimule encore davantage les glandes sudoripares.
Contrairement aux idées reçues, les couleurs claires sont souvent plus confortables. Elles absorbent moins la chaleur et rendent parfois les traces de transpiration moins visibles que certains tissus foncés, selon leur texture. Adapter sa garde-robe n’est pas une question d’esthétique, mais de confort thermique.
Alimentation et hydratation
L’alimentation a un impact direct sur la transpiration, surtout dans un contexte de résistance à l’insuline. Boire suffisamment d’eau tout au long de la journée aide le corps à mieux réguler sa température et évite les pics de chaleur liés à la déshydratation.
Certains aliments et boissons peuvent stimuler le système nerveux et aggraver la sudation. La caféine, l’alcool ou les plats très épicés peuvent provoquer une montée de chaleur rapide et des sueurs soudaines. Sans forcément les supprimer totalement, les observer et les ajuster peut déjà faire une différence.
Des repas complets et équilibrés, associant protéines, fibres et bonnes graisses, permettent de stabiliser la glycémie. Moins de variations brutales de sucre dans le sang, c’est aussi moins de stress métabolique… et souvent moins de transpiration. Beaucoup de femmes avec SOPK remarquent d’ailleurs une amélioration de leurs sueurs en rééquilibrant leur alimentation.
Manage le stress
Le stress est l’un des déclencheurs les plus puissants de la transpiration, surtout lorsqu’il devient chronique. Avec le SOPK, le corps peut rester en état d’alerte permanent, ce qui perturbe la thermorégulation.
Des pratiques simples comme la respiration profonde, la méditation ou le yoga permettent d’apaiser le système nerveux et de diminuer l’activation des glandes sudoripares. Il ne s’agit pas de performance, mais de régularité : quelques minutes par jour peuvent suffire à faire la différence.
Le sommeil joue aussi un rôle central. Des horaires irréguliers ou un manque de repos accentuent les déséquilibres hormonaux et favorisent les sueurs nocturnes. Créer une routine du soir, réduire les écrans et maintenir des heures de coucher stables aide le corps à retrouver un rythme plus apaisé.
Quand consulter un professionnel ?
Signes d’alerte
Une transpiration plus importante que la moyenne n’est pas forcément inquiétante. En revanche, certains signes doivent inviter à consulter, notamment lorsque la sueur devient envahissante, imprévisible ou handicapante.
C’est le cas si la transpiration est :
- très excessive et persistante, au point d’impacter la vie sociale, professionnelle ou intime ;
- présente même au repos, sans chaleur ni effort particulier ;
- associée à des sueurs nocturnes régulières, qui perturbent le sommeil et la récupération.
D’autres symptômes doivent également alerter, surtout lorsqu’ils apparaissent en même temps que la transpiration :
- palpitations, cœur qui s’emballe sans raison apparente ;
- vertiges, sensations de faiblesse ou de malaise ;
- impression de “coup de chaud” soudain, parfois accompagnée d’angoisse.
Ces manifestations ne sont pas à banaliser. Elles peuvent traduire un déséquilibre hormonal plus marqué, un problème métabolique ou une autre cause qu’il est important d’explorer.
Qui consulter ?
Le premier interlocuteur reste souvent le médecin généraliste. Il peut faire une première évaluation, écouter les symptômes dans leur globalité et décider s’il est nécessaire d’aller plus loin. C’est aussi l’occasion de remettre la transpiration dans le contexte global du SOPK, sans la traiter comme un symptôme isolé.
Un endocrinologue peut ensuite intervenir pour un bilan hormonal plus poussé. Il est particulièrement pertinent si la transpiration s’accompagne d’autres signes de déséquilibre (cycles très irréguliers, fatigue importante, variations de poids, troubles de la glycémie).
Enfin, un dermatologue peut être consulté si la transpiration évoque une hyperhidrose primaire, c’est-à-dire une transpiration excessive liée principalement au système nerveux, parfois d’origine génétique. Cela permet de différencier ce qui relève du SOPK de ce qui peut être traité de manière plus ciblée.
Examens possibles
Selon le contexte et les symptômes associés, plusieurs examens peuvent être proposés. Ils ne sont pas systématiques, mais peuvent aider à mieux comprendre l’origine de la transpiration.
Un bilan sanguin hormonal permet d’évaluer :
- les androgènes,
- les hormones thyroïdiennes,
- et parfois d’autres marqueurs selon le profil.
Des tests de glycémie et d’insulinémie peuvent être réalisés pour détecter une résistance à l’insuline, fréquente dans le SOPK et souvent impliquée dans les épisodes de sueur liés aux variations de sucre sanguin.
Dans certains cas plus spécifiques, une évaluation neurologique peut être envisagée si une origine nerveuse est suspectée, notamment lorsque la transpiration est très localisée ou déclenchée sans lien apparent avec les hormones.
FAQ – Transpiration et SOPK
Oui, la transpiration excessive peut être un symptôme du SOPK, même si elle est encore peu reconnue. Les déséquilibres hormonaux, l’excès d’androgènes, la résistance à l’insuline et le stress chronique peuvent tous contribuer à une sudation plus importante, parfois sans cause apparente.
Avec le SOPK, le corps peut réagir de manière disproportionnée à des stimuli internes : variations hormonales, pics de glycémie ou activation du système nerveux. Résultat : on peut transpirer au repos, sans chaleur ni activité physique, simplement parce que le système de régulation est déréglé.
Oui, certaines femmes atteintes de SOPK souffrent de sueurs nocturnes, même jeunes. Elles peuvent être liées à un déséquilibre entre œstrogènes et progestérone, à des fluctuations hormonales ou à un stress métabolique pendant la nuit. Si elles sont fréquentes ou perturbent le sommeil, il est préférable d’en parler à un professionnel.
Tout à fait. Une résistance à l’insuline peut provoquer des variations de glycémie qui déclenchent la libération d’hormones de stress comme l’adrénaline ou le cortisol. Ces hormones augmentent la température corporelle et favorisent la transpiration, notamment après les repas ou en cas d’hypoglycémie.
Il n’y a pas de réponse unique. Certaines femmes préfèrent les éviter par précaution (notamment à cause des sels d’aluminium), d’autres — comme moi — les utilisent parce qu’ils améliorent réellement le confort au quotidien. L’important est de choisir des produits bien tolérés, adaptés aux peaux sensibles, et de rester informée sur leur composition, surtout lorsqu’on est attentive aux perturbateurs endocriniens.
Les déodorants naturels peuvent être suffisants en cas de transpiration légère à modérée, ou en complément. En revanche, lorsqu’il s’agit de transpiration hormonale plus marquée, ils peuvent montrer leurs limites, car ils n’agissent pas sur la production de sueur, seulement sur les odeurs.
Oui. Une alimentation déséquilibrée, riche en sucres rapides ou en excitants, peut accentuer les pics de glycémie et stimuler le système nerveux. À l’inverse, des repas complets et réguliers, associés à une bonne hydratation, peuvent contribuer à stabiliser le métabolisme et à réduire certains épisodes de transpiration.
Le stress est un facteur majeur. Il active le système nerveux sympathique, responsable de la réaction de “survie”, qui stimule directement les glandes sudoripares. Avec le SOPK, ce mécanisme peut être amplifié, rendant la transpiration plus fréquente et plus intense.
Il est conseillé de consulter si la transpiration devient très gênante, persistante, ou si elle s’accompagne de sueurs nocturnes, de palpitations, de vertiges ou de malaises. Un professionnel pourra vérifier s’il s’agit uniquement du SOPK ou s’il existe une autre cause à explorer.
Oui, même si cela demande souvent une approche globale. En combinant une routine d’hygiène adaptée, une alimentation stabilisante, une meilleure gestion du stress et, si nécessaire, un suivi médical, il est possible de réduire significativement l’impact de la transpiration sur le quotidien.
Conclusion : La transpiration peut faire partie de ton SOPK
La transpiration liée au SOPK n’est ni un caprice du corps ni un symptôme “secondaire” à balayer d’un revers de main. Elle s’inscrit dans un ensemble de mécanismes complexes : déséquilibres hormonaux, résistance à l’insuline, stress chronique et dérèglement de la thermorégulation. Comprendre ces liens permet déjà de se détacher de la culpabilité et du sentiment d’être “anormale”.
Si ce symptôme te gêne ponctuellement, quelques ajustements peuvent suffire. Mais s’il t’envahit au quotidien, qu’il influence tes choix, ton confort ou ta confiance en toi, il mérite d’être pris au sérieux. La transpiration excessive n’est pas quelque chose que l’on doit simplement apprendre à subir.
Les pistes d’amélioration existent et passent souvent par une approche globale : une routine d’hygiène adaptée, des habitudes de vie plus stabilisantes, une attention portée à l’alimentation et au stress… et, lorsque c’est nécessaire, un accompagnement médical pour mieux comprendre ce qui se joue en profondeur. Il n’y a pas de solution universelle, seulement des solutions à ajuster à soi.
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