Dear Body – J + 5 après notre sleeve

Il y a cinq jours, mon corps et moi sommes passés sur la table d’opération pour une sleeve. Depuis, je le regarde autrement : avec plus de douceur, plus de respect, presque avec étonnement. Alors avant de tourner la page, j’avais besoin de lui écrire cette lettre.

Il y a cinq jours, mon corps et moi sommes passés sur la table d’opération pour une sleeve. Depuis, je le regarde autrement : avec plus de douceur, plus de respect, presque avec étonnement. Alors avant de tourner la page, j’avais besoin de lui écrire cette lettre.

Sommaire

Dear body,

Voilà cinq jours maintenant que nous sommes passées entre les mains du chirurgien pour faire cette sleeve tant redoutée.

Mais aussi tant attendue.

Le parcours a été long, très long.

Tu as commencé à grossir sans raison apparente au printemps 2019. Sans le savoir, nous entrions dans le début d’une relation d’amour/haine, toi et moi. Je t’ai vu grossir, devenir plus lourd, perdre ta condition physique. Courir devenait chaque jour un peu plus difficile, et ce, qu’importe les efforts fournis à l’entraînement.

J’en suis venue à un point où je t’ai détesté. Détesté pour avoir grossi, détesté pour m’avoir laissé tomber, détesté pour ne pas être comme j’aurais voulu que tu sois… détesté de tout rendre si difficile. Courir, m’habiller, me sentir bien, draguer et être draguée, être respectée…

Il nous aura fallu cinq ans pour nous comprendre.

Cinq ans avant d’être diagnostiquée d’un SOPK, d’une résistance à l’insuline et d’un lipoedème.

Cinq ans pour comprendre que ce n’était pas de ta faute.

Que tu avais fait au mieux malgré un contexte hormonal et métabolique qui jouait contre toi.

Mais aujourd’hui, je voulais t’écrire cette lettre pour refermer ensemble ce chapitre douloureux de notre existence et en ouvrir un nouveau.

Plus apaisé.

Plus serein.

Plus léger.

Ce que je ne t’ai jamais su dire : Pardon

Avant toute chose, je te dois des excuses.

Pour tous les mots durs que j’ai pensés en silence.

Pour tous les miroirs devenus des juges.

Pour les cabines d’essayage qui se transformaient en champs de bataille.

Je t’ai regardé comme un échec.

Je t’ai affamé certains jours.

Je t’ai puni avec des régimes.

Je t’ai épuisé avec du sport qui n’avait plus rien de joyeux, seulement l’espoir désespéré de te faire rentrer dans une norme.

Je t’ai comparé aux autres corps.

Je t’ai demandé d’être plus petit, plus discret, plus acceptable.

Je t’ai traité comme un problème à corriger.

Alors que tu étais simplement… moi.

Je suis désolée de t’avoir détesté aussi fort.

D’avoir cru que tu me trahissais.

D’avoir pensé que tu étais l’ennemi.

Ce que je comprends aujourd’hui : Tu ne me sabotais pas, tu te battais

Maintenant je sais.

Tu ne manquais pas de volonté.

Tu ne faisais pas “mal”.

Tu ne me laissais pas tomber.

Tu survivais.

Tu composais chaque jour avec des hormones en vrac, une résistance à l’insuline qui brouillait tous les signaux, un SOPK qui compliquait tout, un lipoedème qui te faisait gonfler sans logique.

Pendant que je t’accusais, toi tu essayais juste de maintenir l’équilibre.

Tu faisais du mieux que tu pouvais avec les cartes que tu avais.

Et avec le recul, je te trouve incroyablement courageux.

Cette décision prise pour nous

Il y a cinq jours, nous sommes entrées au bloc toutes les deux.

J’avais peur.

Peur qu’on te fasse mal.

Peur de t’imposer encore quelque chose.

Mais pour la première fois, ce n’était pas un geste contre toi.

Ce n’était pas une punition.

Ni une tentative de te faire disparaître.

Ni une façon de te rendre plus “acceptable”.

C’était un acte d’amour.

Un coup de pouce.

Un reset hormonal.

Une manière de te donner enfin un terrain de jeu un peu plus juste.

Je sais que cette chirurgie ne te guérira pas.

Je sais que le lipoedème sera toujours là.

Je sais qu’il n’existe pas de baguette magique.

Mais je voulais t’offrir une chance de respirer un peu.

Ta force me surprend depuis

Et depuis cinq jours… tu me bluffes.

Vraiment.

Je m’attendais à l’épuisement.

À la douleur.

À la lenteur.

Et à la place, je te découvre volontaire. presque enthousiaste.

Tu cicatrises.

Tu t’adaptes.

Tu coopères.

Tu acceptes les petites quantités sans protester.

Tu digères doucement.

Tu te lèves.

Tu marches avec moi.

Tu me portes dehors, au soleil, presque normalement.

À J+5, je bouge. Je marche. Je vis.

Sans fatigue écrasante.

Sans drame.

Comme si tu me disais :

“T’inquiète. On gère. Je suis là.”

Après toutes ces années où je t’ai cru défaillant… te voir aussi fort me bouleverse.

Tu n’as jamais été faible.

C’est moi qui ne te comprenais pas.

À partir de maintenant, faisons un pacte

Alors aujourd’hui, j’ai envie qu’on fasse la paix.

Plus de guerre froide devant le miroir.

Plus d’insultes murmurées.

Plus de punitions déguisées en discipline.

Je veux apprendre à t’écouter.

Te nourrir pour te soutenir, pas pour te contrôler.

Bouger pour le plaisir, pas pour te corriger.

Me reposer quand tu es fatigué.

Te parler avec douceur.

Je ne te promets pas de t’aimer parfaitement tous les jours.

Mais je te promets d’être bienveillante.

Patiente.

Respectueuse.

Je veux qu’on devienne une équipe.

Toi et moi contre le monde, pas l’un contre l’autre.

Merci

Merci d’avoir tenu toutes ces années.

Merci de ne pas m’avoir lâchée quand moi j’abandonnais.

Merci de cicatriser aujourd’hui avec autant de courage.

Merci d’être ma maison, mon refuge, mon véhicule, ma vie.

Et pour la première fois depuis longtemps, quand je pense à toi…

Je ne ressens plus de colère.

Juste de la tendresse.

On recommence ?

Ensemble, cette fois.

Avec amour,

Moi 🤍

Un shooting pour dire au revoir

J’ai réalisé ce shooting photo la veille de mon opération. Comme pour dire au revoir. Comme pour dire merci à ce corps que j’ai maltraité des années, car je ne le comprenais plus. Parce que je lui en ai voulu d’avoir grossi. Je croyais qu’à cause de lui, j’avais perdu ma confiance en moi… et surtout ma sensualité. Ma capacité à me plaire et à me trouver désirable. Un dernier shooting avec « ce corps », avec « ce poids », non pas pour jeter à la poubelle ce dernier « avant » l’opération. Mais pour célébrer ce corps qui a tant souffert… mais qui malgré tout a su tenir jusqu’au bout.

Il y a cinq jours, mon corps et moi sommes passés sur la table d’opération pour une sleeve. Depuis, je le regarde autrement : avec plus de douceur, plus de respect, presque avec étonnement. Alors avant de tourner la page, j’avais besoin de lui écrire cette lettre.
Il y a cinq jours, mon corps et moi sommes passés sur la table d’opération pour une sleeve. Depuis, je le regarde autrement : avec plus de douceur, plus de respect, presque avec étonnement. Alors avant de tourner la page, j’avais besoin de lui écrire cette lettre.

J'ai été opérée d'une sleeve... et aujourd'hui, je renaîs !

 

Si tu aimes cet article, épingle-le ! ⬇️

Ne t'arrête pas ici !

Laisser un commentaire