harcèlement sexuel

Hello ! Hello ! Aujourd’hui, j’avais envie de revenir sur un sujet d’actualité. Sauf si tu vis de façon complètement isolée au fin fond de ta grotte, tu as dû entendre parler du reportage sur le harcèlement sexuel de Capital et de la déferlante de hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo sur les réseaux sociaux, suite à l’affaire Weinstein…

Cet article ne sera pas un énième témoignage glaçant, puisque je m’estime relativement “chanceuse” jusqu’à présent vis-à-vis du harcèlement sexuel. J’avais plutôt envie de revenir sur le fait qu’il semblerait que de nos jours, Hommes et Femmes, nous ne semblons plus capables de vivre ensemble… Et je trouve cela tellement désolant… Comment en sommes-nous arrivés là ?

Cette réflexion m’est venue lors du fameux reportage sur le harcèlement sexuel de Capital. Reportage de qualité discutable, je te l’accorde. Mais deux points m’ont fait tiquer.

Le premier, c’est que la première loi sur le harcèlement sexuel au travail date de 1992, soit l’année de ma naissance… Le second, c’est que depuis 2010 moins d’une dizaine de plaintes pour harcèlement sexuel ont abouti devant un tribunal… What ? Si peu de plaintes prises au sérieux, alors que le harcèlement sexuel est une réalité quotidienne et pénible pour la grande majorité des femmes… Pour ce décalage ? Mais surtout, ce qui me gène le plus, c’est que les choses semblent s’être dégradées depuis 1992. À quoi a bien pu servir cette loi ? À rien, j’en ai la malheureuse impression.

En fait, le dialogue me semble rompu entre Hommes et Femmes… Nous ne savons plus communiquer entre nous (la question de savoir si un jour nous avons réussi à le faire reste entière) et nous ne savons plus partager équitablement l’espace commun.

Nous, femmes, nous sommes tellement excédées de nous faire aborder dans la rue, et de subir diverses invasions de notre espace vital que nous ne faisons plus la distinction entre les mecs bien (encore majoritaires je l’espère), les mecs biens un peu lourds et les gros lourds qui franchissent la limite… et qui deviennent de gros porcs ! Nous avons malheureusement tendance à tous les mettre dans le même sac. “Tous les mêmes”, “Tous des porcs”… Et ces mêmes hommes qui ne savent plus comment nous aborder, nous parler, nous apprivoiser. Et qui tentent diverses approches, diverses techniques… auxquelles nous ne sommes pas réceptibles, braquées que nous sommes.

Que l’on se mette d’accord une bonne fois pour toute : aborder une inconnue dans la rue, lui sortir le grand jeu pour que cela se finisse en histoire d’amour digne d’un conte de fée, cela ne fonctionne qu’à Hollywood. À 99,99% du temps, la femme se contentera de t’envoyer paître, plus ou moins poliment, si elle daigne te répondre. Tout simplement parce que tu n’es pas le premier, et tu ne seras pas le dernier à venir l’aborder dans la rue ou les transports en commun. Sache une chose, que ce soit dans la rue ou les transports en commun, la femme ne se sent pas forcément super à l’aise, au mieux, en sécurité au pire… Surtout quand elle est seule. Alors laisse la tranquille… Ou un simple “Bonjour, je tenais à vous dire que je vous trouvais charmante. Bonne journée” et tu te barres… Cela fait plaisir et cela s’arrête là. Tu laisses la possibilité à la femme de te répondre, ou de prendre simplement un compliment.

harcèlement sexuel

Tout ça pour en revenir au sujet du harcèlement sexuel… Comment avons-nous pu laisser dégénérer les choses à ce point ?  Ou alors est-ce parce qu’à mesure que des tentatives de lois sont proposées, que la classe politique nous fait des promesses, la parole de femmes excédées s’élève ? Est-ce tout simplement parce qu’enfin, nous osons parler de nos mauvaises expériences quotidiennes, que le sujet du harcèlement sexuel et du difficile rapport homme-femme devient de moins en moins tabou ?

Parce que malheureusement, je ne pense pas que ce phénomène soit quelque chose de nouveau. La seule différence, c’est qu’aujourd’hui, on en parle… Beaucoup… Et peut-être pas de la bonne façon… Dénoncer les comportements irrespectueux, c’est une chose. Mais dire que “les hommes sont tous des porcs” ou que “les femmes n’ont qu’à se respecter elles-mêmes, ne pas porter de vêtements sexy, ne pas sortir seule …” en est une autre.

Je suis parfaitement consciente que je fais partie d’une génération, un peu en manque de repères, qui veut tout, tout de suite. Mais surtout qui se cherche… Et cela s’en ressent dans les rapports sociaux que nous entretenons avec le sexe opposé. Il y a quelque chose qui cloche dans nos éducations respectives. J’ai très (trop) souvent l’impression d’être face à une société schyzophrène.

D’un côté, on demande aux femmes d’être fortes, indépendantes. Mais de l’autre, quand elles le sont trop, elles deviennent des salopes, qu’il faut absolument replacer sous le giron d’hommes plus sages qu’elles, afin qu’elles se transforment en bonnes mères de familles. Et par “bonnes mères de familles”, j’entends des épouses s’occupant avec dévotion et amour de leur foyer, époux et enfants… Alors que tu peux parfaitement être à la fois une femme forte, indépendante, travaillant à réaliser ses rêves et une bonne mère de famille. Quel besoin de nous coller des étiquettes ?

Tu ne t’imagines même pas à quel point cet article est frustrant à écrire, parce que mes mots n’arrivent à saisir la nuance de ma pensée… J’ai parfois envie d’hurler contre cette société machiste, misogyne et bien trop souvent illogique. Mais d’un autre côté, j’ai envie de croire en l’humain. De croire qu’en ouvrant le dialogue, on arrivera à faire bouger les choses. À mettre fin au harcèlement sexuel.

Mais il faut croire qu’on essaie au maximum de nous formater dans différentes rôles, et en sortir relève du défi, d’un bras de fer avec la société. Un exemple, les pubs de jouets. Je ne supporte pas celles pour les petites filles : du rose partout, des bébés, des petites cuisines et des sets de ménage, comme si notre seul rêve devait être de devenir mères de familles et femmes au foyer… La parfaite petite épouse… Alors que les petits garçons ont droit à des jeux en extérieur…

Mais est-ce pour autant que je refuserais d’offrir un poupon à ma petite fille si elle m’en demande un… La réponse est non. En revanche, j’essaierais (je pense, parce que c’est toujours plus simple de dire comment on va élever ses gosses tant que l’on n’en a pas) de l’ouvrir à d’autres jeux. De l’initier aux legos et autres jeux de construction qui m’ont tant occupé avec mon frère, quand nous étions plus jeunes. De l’ouvrir à la lecture…

Bref, tout ça pour en revenir encore une fois au sujet du harcèlement sexuel… J’ai comme l’impression qu’il y a une mauvaise distribution des rôles dans cette histoire. La femme, quelle que soit la situation, la tenue, l’attitude, ou je ne sais quoi d’autre, n’est pas la responsable de ce harcèlement sexuel. À partir du moment où elle dit non, de façon verbale ou non verbale, j’insiste sur le “non verbale”, tu la laisses tranquillement !

Le problème que l’on rencontre de nos jours, c’est que malheureusement la frontière entre drague un peu lourde et harcèlement sexuel est floue et de plus en plus fine… Sans compter que cette limite est propre à chaque femme.

Il y a les situations où la limite est floue… Où selon la personne interrogée, on n’a pas l’impression d’avoir vécu les mêmes évènements… Alors à partir de quel moment drague un peu lourde devient harcèlement sexuel… Je te laisse sur cette BD explicatives des crocodiles, pour comprendre la différence entre OUI et NON chez une femme… Et si toi-même, tu es une femme, n’hésite pas à la faire tourner dans ton entourage… Cela pourrait peut-être en aider certains à éviter de tomber dans le harcèlement sexuel… 😉

harcèlement sexuel - drague lourde

http://projetcrocodiles.tumblr.com/

(illustration: Thomas Mathieu)

Puis, il y a des situations qui ne devraient même pas exister, pour lesquelles la question ne se pose pas. Touche-moi alors que je n’en ai pas envie, et je te pète les doigts. Embrasse-moi contre mon gré et fais gaffe à ton nez. Frappe-moi et c’est à mon père que tu iras rendre des comptes (on ne touche pas à sa princesse !). Menace-moi et je te le ferais regretter…

Enfin, c’est ce que je dis maintenant. Parce que le jour où cela arrivera, je ne sais pas comment je réagirais. Je n’ai qu’une crainte au final, celle d’être paralysée par la peur… Et de me laisser faire… De n’avoir personne pour m’aider… Parce que je me suis bien rendue compte lorsque j’ai été suivie dans le métro, que l’on ne pense plus rationnellement dans ces cas-là…

Ce qui me révulse, c’est que dans ces situations-là, je n’ai pas l’impression que l’on soit réellement protégée et écoutée… “De toute  façon, tu n’avais pas qu’à rentrer seule/mettre une jupe/lui parler …” De toute façon, c’est de notre faute, à nous les femmes… Nos corps sont une trop grande source d’excitation pour ces pauvres hommes dominés par leurs hormones. Maiss attends, je croyais que l’excuse des hormones, c’était du domaine des femmes hystériques ? Note bien l’ironie ici…

Bref, où sont les vraies solutions ? Aujourd’hui, que devons-nous faire pour que cette population de porcs disparaissent ? Pour que nous retrouvions un équilibre dans les relations hommes-femmes ? Je dois avouer que je ne sais pas … Mis à part réapprendre à nous écouter les uns les autres dans le respect mutuel, je ne vois pas.

Notamment parce que certaines choses me paraissent évidentes. Non, c’est non. C’est une limite que je ne franchirais pas… Je n’irais pas non plus toucher les fesses d’un inconnu, comme ça juste pour le plaisir de toucher. Alors qui pour trouver de vraies solutions ? Comment ensemble allons-nous trouver une solution face à ce fléau qu’est le harcèlement sexuel ? Fléau qui trouve ses racines dans l’inégalité hommes-femmes…

J’avais envie de finir ce (long) article sur deux choses…

La première, c’est qu’il faut garder à l’esprit que #BalanceTonPorc et harcèlement sexuel peuvent se décliner au féminin… Et oui, ce n’est pas parce que la nature nous a doté d’une paire de seins et d’un vagin que nous ne franchissons pas les limites nous aussi… On en parle moins, parce que tu comprends “tu es un homme, tu devrais en être flatté” ou alors “trop la honte de ne pas pouvoir se défendre face à une faible femme, moi, un mâle dominant”, ou je ne sais quoi d’autre, mais cela existe. Avant d’accuser l’autre de ne pas savoir se comporter, commençons par balayer devant notre porte… Parce que nous avons tous été le porc de quelqu’un, à différents degrés, mais nous l’avons été… Parce que nous sommes humains, nous ne sommes pas infaillibles ou irréprochables.

harcèlement sexuel

La deuxième, c’est que je voulais remercier ces mecs biens qui restent malgré tout des mecs biens. Qui nous aident à nous relever après des expérience douloureuses. Qui nous aiment telles que nous sommes. Surtout restez des mecs biens !!!

Margaux Lifestyle

P.S : Tu pourras retrouver la loi de 1992 sur le harcèlement sexuel ici : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000359898&categorieLien=id

P.P.S : WTF, en faisant mes recherches sur le harcèlement sexuel, je me suis rendue compte que cette loi avait été purement et simplement abrogée en 2012 par le gouvernement… http://www.vie-publique.fr/actualite/faq-citoyens/harcelement-sexuel/

 

4 thoughts on “Harcèlement sexuel, #BalanceTonPorc et autres sujets tabous”

  1. Hello Margaux.
    Je trouve que le sujet est compliqué car plus complexe qu’il n’y paraît.
    Mais j’espère que l’ampleur du mouvement fera bouger les lignes, et dissuadera les mecs sur la ligne de rester des mecs biens au lieu de devenir des animaux…
    J’ai deux garçons et j’espère bien qu’ils ne mettront pas la mains aux fesses ou siffleront tels des beaufs dans la rue.
    Bonne soirée.

    1. Pour être complexé, il l’est ! Je m’en suis parfaitement rendue compte en écrivant cet article. Parce que je n’avais pas l’impression d’arriver à faire passer la nuance de ma pensée… Certains ont besoin de réaliser l’ampleur du ras-le-bol des femmes sur ce sujet… Perso, les dernières actualités me font froid dans le dos…

  2. Je pense que notre société et notre mode de vie ont changés au fil du temps bien plus rapidement que notre mentalité. Dans les années 60 ou 70, une journaliste d’un journal télé en France s’était fait viré parce qu’elle avait montrée ses genoux en direct. Maintenant, les femmes s’habillent comme elles le veuillent mais se font critiqués quand même comme il y a 50 ans… Je pense que “la population de porc” ne disparaitra jamais mais elle peut se réduire, c’est à chaque homme de faire l’effort, de respecter les femmes, d’accepter leurs envies, leurs besoins…

    1. Merci pour ce commentaire qui me redonne foi en l’être masculin 😉 Effectivement, c’est à chaque homme de faire un effort. Mais je pense aussi que les femmes entre elles doivent être plus bienveillantes… Combien d’entre nous ont déjà dit que la voisine était une s****e pour avoir mis une jupe un peu courte et moulante …

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